Fiche méthode de Terminale sur le logarithme népérien : propriétés de ln, équations, dérivée, lien avec l'exponentielle et limites, avec exemples corrigés.
Mis à jour en juin 2026
Le logarithme népérienln est l’outil qui « défait » l’exponentielle : il fait descendre l’inconnue quand elle est coincée en exposant. Cette fiche te donne une méthode claire pour manier ses propriétés, résoudre une équation, calculer une dérivée et lever une limite.
Objectifs
À la fin de cette fiche, tu sais :
utiliser les propriétés algébriques de ln (produit, quotient, puissance) ;
exploiter le lien avec l’exponentielle pour faire disparaître un ln ou un e ;
résoudre une équation avec ln en pensant au domaine et à la vérification ;
dériver une fonction contenant ln ;
déterminer les limites de référence, y compris la croissance comparée.
Les formules à connaître par cœur
Pour tous réels a>0, b>0 et tout entier n :
ln(ab)=lna+lnbln(ba)=lna−lnbln(an)=nlnaln(a)=21lna
Valeurs et liens à retenir : ln1=0, lne=1, et pour tout réel x : ln(ex)=x ; pour tout x>0 : elnx=x.
Méthode
A. Résoudre une équation avec ln.
Domaine d’abord : impose que chaque argument d’un ln soit strictement positif.
Regrouper les ln d’un même côté avec les propriétés (produit, quotient, puissance).
Se ramener à lnA=lnB, ou bien à lnx=k.
Supprimer le ln :
lnA=lnB⟺A=B ;
lnx=k⟺x=ek.
Résoudre puis vérifier que chaque solution appartient au domaine.
B. Dériver une fonction avec ln.
Formule de base sur ]0;+∞[ : (lnx)′=x1.
Avec une fonction u strictement positive : (lnu)′=uu′.
C. Lever une limite. Utilise les limites de référence (encadré du bas) plutôt qu’un calcul direct.
Exemple résolu
Exemple 1 - une équation lnA=lnB.
Résoudre ln(2x−1)=ln(x+3).
Domaine : il faut 2x−1>0 et x+3>0, donc x>21 et x>−3 : au final x>21.
Les deux membres sont des ln, donc ln(2x−1)=ln(x+3)⟺2x−1=x+3.
On résout : 2x−x=3+1, soit x=4.
Vérification :4>21, la solution est dans le domaine.
Conclusion : l’unique solution est x=4.
Exemple 2 - une équation lnx=k.
Résoudre ln(3x)=2.
Domaine : il faut 3x>0, donc x>0.
On supprime le ln : ln(3x)=2⟺3x=e2.
On isole : x=3e2. Comme e2>0, on a bien x>0.
Conclusion : l’unique solution est x=3e2 (soit environ 2,46).
Exemple 3 - une dérivée.
Dériver f(x)=ln(x2+1) sur R.
Ici u(x)=x2+1>0 et u′(x)=2x, on applique (lnu)′=uu′ :
f′(x)=x2+12x.
Conclusion : f′(x)=x2+12x.
Erreur classique
Faux : « casser » une somme comme un produit en écrivant
ln(a+b)=lna+lnb.
La propriété ne s’applique jamais à une somme.
Vrai : la formule de l’addition concerne le produit :
ln(ab)=lna+lnb.
Autre réflexe oublié : la vérification du domaine. Une « solution » négative trouvée pour lnx=… doit être rejetée, car ln n’existe que pour x>0.
Limites de référence
Aux bornes de ]0;+∞[ :
limx→0+lnx=−∞limx→+∞lnx=+∞Croissance comparée (en +∞, l’exponentielle puis x « gagnent » contre ln) :
limx→+∞xlnx=0limx→0+xlnx=0
À retenir
Domaine d’abord, vérification à la fin : ce sont les deux réflexes qui font gagner des points sur les équations avec ln. Pour dériver, retiens (lnu)′=uu′. Et pour une limite, ne calcule pas « à la main » : reconnais une forme de référence, surtout la croissance comparéexlnx→0.
On commence par chercher le domaine : tous les arguments des logarithmes doivent être strictement positifs. On se ramène ensuite soit à ln A = ln B, ce qui donne A = B, soit à ln x = k, ce qui donne x égal à e puissance k. On termine en vérifiant que chaque solution trouvée appartient bien au domaine de départ.
Quel est le lien entre ln et la fonction exponentielle ?
La fonction ln est la fonction réciproque de l'exponentielle : l'une défait ce que fait l'autre. Pour tout réel x, ln de e puissance x vaut x. Pour tout x strictement positif, e puissance ln x vaut x. C'est ce lien qui permet de faire disparaître un logarithme ou une exponentielle dans une équation.
Pourquoi la fonction ln est-elle strictement croissante ?
Sur l'intervalle des réels strictement positifs, la dérivée de ln est un sur x. Comme x est positif, un sur x est toujours strictement positif. Une fonction dont la dérivée est strictement positive est strictement croissante : donc si a est plus petit que b, alors ln a est plus petit que ln b.