En vente, en boutique, dans un food-truck ou sur une facture de fournisseur, on calcule des prix toute la journée : ajouter la TVA, accorder une remise à un client, vérifier la marge d’un produit, compléter un devis ou une facture. On apprend aussi à faire « travailler » de l’argent placé avec l’intérêt simple. Ce chapitre rassemble tous ces calculs commerciaux et financiers du CAP.
Mes objectifs
À la fin de ce chapitre, je sais :
- passer d’un prix HT (hors taxe) à un prix TTC (toutes taxes comprises) et inversement ;
- calculer un montant de TVA ;
- appliquer une remise et trouver le net à payer ;
- compléter une facture, un devis ou un bon de commande ;
- calculer une marge et un taux de marge ;
- calculer un intérêt simple et la valeur acquise d’un capital placé.
À quoi ça sert ?
Quand tu achètes une paire de sneakers, le prix sur l’étiquette est le prix TTC : il contient déjà la TVA que le magasin reverse à l’État. Quand tu vois « -30 % » en vitrine, c’est une remise. Et quand un commerçant achète un produit puis le revend plus cher, la différence est sa marge : c’est ce qui lui permet de payer le loyer, les salaires et de gagner sa vie. Savoir faire ces calculs, c’est comprendre une facture, monter un devis juste et ne pas se faire avoir.
1. Prix HT, TVA et prix TTC
HT, TTC et TVA
- Le prix HT (hors taxe) est le prix sans la taxe.
- La TVA (taxe sur la valeur ajoutée) est un impôt ajouté au prix HT. Le taux le plus courant est 20 %.
- Le prix TTC (toutes taxes comprises) est le prix avec la taxe : c’est ce que paie réellement le client.
On a toujours la relation :
Prix TTC=Prix HT+TVA
Exemple : un article à 50 € HT
Un article coûte 50 € HT, la TVA est de 20%.
- TVA : 50×0,20=10 €.
- Prix TTC : 50+10=60 €.
Vérification avec la méthode rapide : 50×1,20=60 €. On retrouve bien le même résultat.
Le coefficient multiplicateur
Augmenter de 20%, c’est multiplier par 1,20.
Augmenter de 5,5%, c’est multiplier par 1,055.
De manière générale, augmenter de t% revient à multiplier par 1+100t. Ce nombre s’appelle le coefficient multiplicateur : il évite de calculer la taxe à part.
2. La remise commerciale
Remise, réduction, net commercial
Une remise (ou réduction) est une baisse de prix accordée au client. Le prix obtenu après la remise s’appelle le net commercial (ou net à payer s’il n’y a pas d’autre calcul).
Exemple : remise de 10 % sur 240 €
Une facture s’élève à 240 € et le commerçant accorde une remise de 10%.
- Montant de la remise : 240×10010=240×0,10=24 €.
- Net à payer : 240−24=216 €.
Méthode rapide : 240×0,90=216 €.
3. Compléter une facture ou un devis
L'ordre des calculs sur une facture
Sur une facture ou un devis, on calcule toujours dans cet ordre :
- Total brut HT : prix unitaire × quantité, pour chaque ligne, puis on additionne.
- Remise : on l’enlève du total brut HT, ce qui donne le net commercial HT.
- TVA : on la calcule sur le net commercial HT (et non sur le total de départ).
- Total TTC : net commercial HT + TVA. C’est le montant à payer.
L’idée à retenir : on enlève d’abord la remise, puis on ajoute la TVA.
Exemple : un petit devis
Un client commande 3 articles à 18 € HT l’unité, avec une remise de 5% et une TVA de 20%.
- Total brut HT : 3×18=54 €.
- Remise : 54×0,05=2,70 € ; net commercial HT : 54−2,70=51,30 €.
- TVA : 51,30×0,20=10,26 €.
- Total TTC : 51,30+10,26=61,56 €.
Piège : remise et TVA dans le bon ordre
Sur le devis ci-dessus, on pourrait être tenté d’appliquer la TVA sur le total de départ.
FAUX : calculer la TVA sur 54 € (avant la remise), 54×0,20=10,80 €. La TVA serait alors trop élevée et le client paierait une taxe sur une partie qu’on lui a remisée.
VRAI : on enlève d’abord la remise, puis on calcule la TVA sur le net commercial HT : 51,30×0,20=10,26 €. La TVA se calcule toujours sur le montant que le client paie réellement HT.
4. Marge et taux de marge
Prix d'achat, prix de vente, marge
- Le prix d’achat (ou coût d’achat) est ce que le commerçant paie son fournisseur.
- Le prix de vente est ce qu’il fait payer au client.
- La marge est ce qu’il gagne sur le produit : c’est la différence entre les deux.
Exemple : un produit acheté 12 € et revendu 19,90 €
Un produit est acheté 12 € et revendu 19,90 €.
- Marge : 19,90−12=7,90 €.
- Taux de marge : 127,90×100≈65,83%.
Le commerçant gagne 7,90 € par produit, soit environ 65,83% de son prix d’achat.
Marge ou bénéfice ?
La marge calculée ici est une marge « commerciale » sur un produit. Elle ne tient pas encore compte des autres frais (loyer, électricité, salaires…). Le bénéfice réel, lui, est ce qu’il reste une fois tous ces frais payés. Une marge positive ne garantit donc pas un bénéfice : c’est pour cela qu’un commerçant surveille ses marges de près.
5. Intérêt simple et valeur acquise
Placer un capital
Quand on place une somme d’argent (le capital), la banque la rémunère : elle verse des intérêts. Avec l’intérêt simple, les intérêts se calculent toujours sur le capital de départ, jamais sur les intérêts déjà gagnés.
Exemple : 2 000 € placés à 3 % pendant 9 mois
On place C=2000 € au taux annuel t=3%=0,03 pendant 9 mois, soit n=129 année.
- Intérêts : 2000×0,03×129=60×129=45 €.
- Valeur acquise : 2000+45=2045 €.
Au bout de 9 mois, le compte affiche 2045 €.
Piège : la durée doit être en années
Reprenons le placement de 2000 € à 3% pendant 9 mois.
FAUX : écrire Inteˊreˆts=2000×0,03×9=540 €, en mettant 9 (le nombre de mois) directement dans la formule. Le taux est annuel : multiplier par 9 revient à compter 9 ans de placement.
VRAI : la durée doit être en années. 9 mois, c’est 129 d’année, donc Inteˊreˆts=2000×0,03×129=45 €.
Retrouver la durée à partir des intérêts
On connaît les intérêts visés et on cherche la durée. On part de Inteˊreˆts=C×t×n, puis on isole n :
n=C×tInteˊreˆts
Ce résultat est en années : pour l’avoir en mois, on le multiplie par 12.
Exemple : pour gagner 90 € d’intérêts avec 2000 € à 3%, on calcule d’abord l’intérêt sur un an, 2000×0,03=60 € par an. Alors n=6090=1,5 année, soit 1,5×12=18 mois.