Quel est le risque qu’un t-shirt pris au hasard dans un stock soit défectueux ? Quelle chance a un client de gagner la livraison gratuite en tournant une roue ? Les probabilités servent justement à mettre un nombre sur le hasard, pour décider, anticiper un stock ou rassurer un client. Dans ce chapitre, tu vas apprendre à calculer une probabilité dans des cas simples, à passer à l’événement contraire, et à compter sans rien oublier grâce à un tableau ou un arbre.
Ce que je dois savoir faire
À la fin de ce chapitre, je sais :
- reconnaître une expérience aléatoire et lister ses issues ;
- comprendre qu’une probabilité est un nombre compris entre 0 et 1 ;
- calculer la probabilité d’un événement dans un cas simple (cas favorables sur cas possibles) ;
- calculer la probabilité de l’événement contraire A ;
- dénombrer à l’aide d’un tableau à double entrée ou d’un arbre.
À quoi ça sert dans un métier ?
Dans un commerce ou un atelier, tu manipules sans le savoir des probabilités tous les jours :
- estimer la part de produits non conformes dans une production ;
- prévoir combien de clients vont payer en carte pour gérer la caisse ;
- annoncer la chance de gagner un lot lors d’une opération commerciale ;
- évaluer le risque qu’une livraison soit en retard.
Mettre un nombre sur le hasard, c’est pouvoir décider au lieu de deviner.
Expérience aléatoire, issue, événement
Une expérience aléatoire est une expérience dont on connaît tous les résultats possibles, mais sans savoir à l’avance lequel va se produire.
- Une issue est un résultat possible de l’expérience.
- L’ensemble de toutes les issues forme l’univers.
- Un événement est un ensemble d’issues qui nous intéresse.
Exemple : tirer un t-shirt au hasard dans un carton est une expérience aléatoire. « Le t-shirt est défectueux » est un événement.
La stabilisation des fréquences
Si on répète un grand nombre de fois la même expérience aléatoire, la fréquence d’un événement (le nombre de fois où il se produit, divisé par le nombre d’essais) se rapproche d’une valeur fixe : cette valeur est la probabilité de l’événement.
Autrement dit : plus on fait d’essais, plus la fréquence observée se stabilise autour de la probabilité. C’est pour cela qu’un atelier qui contrôle des centaines de pièces obtient un taux de défauts très régulier.
Probabilité d'un événement
La probabilité d’un événement A, notée p(A), est un nombre qui mesure sa chance de se réaliser.
0≤p(A)≤1
- p(A)=0 : l’événement est impossible ;
- p(A)=1 : l’événement est certain ;
- plus p(A) est proche de 1, plus l’événement a de chances de se produire.
Une probabilité peut s’écrire en fraction (par exemple 51), en nombre décimal (0,2) ou en pourcentage (20 %).
Calculer la probabilité d'un événement
- Compter le nombre total de cas possibles (toutes les issues).
- Compter le nombre de cas favorables (les issues qui réalisent l’événement).
- Écrire la probabilité sous forme de fraction : cas favorables sur cas possibles.
- Simplifier la fraction, puis, si on le souhaite, donner la valeur décimale ou le pourcentage.
Exemple : dans un stock de 20 casquettes dont 4 sont rouges, on en prend une au hasard. La probabilité d’obtenir une casquette rouge est :
p=204=51=0,2=20 %.
Événement contraire
L’événement contraire d’un événement A, noté A, est l’événement qui se réalise exactement quand A ne se réalise pas.
Par exemple, si A est « le colis est en retard », alors A est « le colis n’est pas en retard ».
Dénombrer avec un tableau à double entrée
Un tableau à double entrée sert à compter quand il y a deux critères en même temps (par exemple : l’atelier d’un côté, conforme ou non conforme de l’autre).
- Placer un critère en lignes, l’autre en colonnes.
- Remplir chaque case avec le nombre d’éléments correspondants.
- Calculer les totaux de chaque ligne et de chaque colonne ; le total général est le nombre de cas possibles.
- Pour une probabilité, lire la case (ou le total) qui correspond à l’événement cherché, puis diviser par le total général.
Dénombrer avec un arbre
Un arbre sert à compter quand l’expérience se fait en plusieurs étapes (par exemple : d’abord le moyen de paiement, puis le choix d’un menu).
- Tracer une branche par issue de la première étape.
- À partir de chaque branche, repartir une branche par issue de l’étape suivante.
- Quand les choix sont indépendants (un choix n’influence pas l’autre), la probabilité d’un chemin complet est le produit des probabilités rencontrées le long de ce chemin.
Exemple : si un client paie en carte avec une probabilité de 0,6 et prend un menu avec une probabilité de 0,5, alors la probabilité « carte ET menu » vaut 0,6×0,5=0,3.
Les pièges à éviter
- Donner une probabilité supérieure à 1 (ou négative) :
p(A)=1050=5 est impossible. Une probabilité est toujours comprise entre 0 et 1. Si tu trouves un nombre plus grand que 1, tu as sûrement inversé la fraction (cas favorables et cas possibles).
- Oublier de simplifier la fraction : laisser p=5010 n’est pas faux, mais on attend la forme simplifiée 5010=51. On écrit toujours une fraction verticale, jamais en ligne.
- Se tromper sur l’événement contraire :
p(A)=1×p(A) est faux. La bonne formule est une soustraction : p(A)=1−p(A).
- Additionner au lieu de multiplier dans un arbre : pour un chemin « carte ET menu » avec des choix indépendants, on multiplie les probabilités le long du chemin, on ne les additionne pas.
0,6+0,5=1,1 donnerait d’ailleurs une probabilité impossible.
Le réflexe de vérification
Après chaque calcul, vérifie que ton résultat est bien entre 0 et 1. Si la probabilité d’un événement vaut p, celle de son contraire vaut 1−p, et la somme des deux fait toujours 1. C’est un excellent moyen de contrôler ton travail.