Combien de semaines faut-il économiser pour s’offrir une paire de sneakers ? Combien de packs faut-il ouvrir pour atteindre un objectif ? Derrière toutes ces questions se cache un nombre inconnu que l’on cherche. Une équation du premier degré est une égalité qui contient cet inconnu : la résoudre, c’est trouver la valeur qui rend l’égalité vraie. C’est l’un des outils les plus puissants des maths, parce qu’il transforme un problème en une suite de calculs simples.
Mes objectifs
À la fin de ce chapitre, je sais :
- reconnaître une équation, son inconnue et ses deux membres ;
- résoudre une équation du type ax+b=c ;
- résoudre une équation du type ax+b=cx+d (inconnue des deux côtés) ;
- vérifier qu’une valeur est bien solution ;
- mettre un problème en équation pour le résoudre.
À quoi ça sert ?
Imagine : tu as déjà 30 € sur toi et tu mets 5 € de côté chaque semaine pour des sneakers à 95 €. Combien de semaines avant de pouvoir les acheter ? Plutôt que de tâtonner « semaine après semaine », tu poses une équation et tu trouves la réponse d’un coup. Mettre en équation, c’est exactement ce que font une appli qui calcule un budget, un jeu qui équilibre une boutique, ou toi quand tu veux savoir combien de temps épargner. Tu apprends ici une méthode qui marche à tous les coups.
Équation, inconnue, membres et solution
Une équation est une égalité dans laquelle figure un nombre inconnu, le plus souvent noté x.
- Ce qui est écrit à gauche du signe = est le membre de gauche ; ce qui est à droite est le membre de droite.
- Une solution est une valeur de l’inconnue qui rend l’égalité vraie.
- Résoudre l’équation, c’est trouver toutes ses solutions.
Par exemple, dans l’équation 2x+3=11, l’inconnue est x, le membre de gauche est 2x+3 et le membre de droite est 11. La valeur x=4 est solution, car 2×4+3=11.
Équations équivalentes (la règle d'or)
Deux équations sont équivalentes quand elles ont exactement les mêmes solutions. On passe d’une équation à une équation équivalente en faisant la même opération sur les deux membres :
- ajouter ou soustraire un même nombre aux deux membres ;
- multiplier ou diviser les deux membres par un même nombre non nul.
Tant que tu fais la même chose des deux côtés du signe =, tu ne changes pas les solutions. C’est cette règle qui autorise tous les calculs de ce chapitre.
Résoudre une équation du type ax + b = c
On veut isoler l’inconnue, c’est-à-dire se ramener à « x=… ».
- Éliminer le terme constant b : on soustrait b aux deux membres (ou on ajoute, si b est négatif).
- Éliminer le coefficient a : on divise les deux membres par a.
- Vérifier : on remplace x par la valeur trouvée dans l’équation de départ.
Exemple. Résolvons 2x+3=11 :
2x+3=11
2x+3−3=11−3donc2x=8
22x=28doncx=4
Vérification : 2×4+3=8+3=11. Le membre de gauche vaut 11, comme le membre de droite : la solution est bien x=4.
Résoudre une équation du type ax + b = cx + d
Ici l’inconnue est présente dans les deux membres. L’idée est de tout regrouper : les x d’un côté, les nombres de l’autre.
- Regrouper les inconnues dans un seul membre : on soustrait cx aux deux membres.
- Regrouper les nombres dans l’autre membre : on soustrait (ou on ajoute) le terme constant.
- Diviser par le coefficient de x.
- Vérifier la solution.
Exemple. Résolvons 5x−4=2x+11 :
5x−4=2x+11
5x−4−2x=2x+11−2xdonc3x−4=11
3x−4+4=11+4donc3x=15
33x=315doncx=5
Vérification : à gauche 5×5−4=25−4=21 ; à droite 2×5+11=10+11=21. Les deux membres valent 21 : la solution est bien x=5.
Mettre un problème en équation
Beaucoup d’énoncés concrets se résolvent en quatre temps :
- Choisir l’inconnue : on note x la grandeur cherchée et on précise ce qu’elle représente (« Soit x le nombre de semaines »).
- Traduire l’énoncé par une équation, en exprimant la même quantité de deux façons.
- Résoudre l’équation.
- Conclure par une phrase qui répond à la question posée (avec l’unité).
Exemple. Tu as 30 € et tu ajoutes 5 € par semaine pour des sneakers à 95 €. Soit x le nombre de semaines. La somme possédée après x semaines est 30+5x, et tu veux atteindre 95 € :
30+5x=95donc5x=65doncx=13.
Il faut donc 13 semaines d’épargne.
Le mémo : « ce qui change de côté change d'opération »
Pour aller plus vite, on retient souvent que faire passer un terme de l’autre côté du signe = change son opération en l’opération inverse :
- un terme additionné d’un côté devient soustrait de l’autre ;
- un nombre qui multiplie l’inconnue d’un côté devient un diviseur de l’autre.
Ainsi 2x+3=11 donne directement 2x=11−3=8, puis x=28=4. C’est exactement la même chose que la règle d’or, en plus rapide.
Les pièges à éviter
- Ne traiter qu’un seul membre.
« 2x+3=11 donc 2x=11 » est FAUX : on a retiré 3 à gauche sans le retirer à droite. VRAI : on retire 3 aux deux membres, donc 2x=11−3=8.
- Confondre coefficient et terme.
« 2x=8 donc x=8−2=6 » est FAUX : ici 2 multiplie x, on ne le retire pas, on divise. VRAI : x=28=4.
- Oublier le signe en déplaçant un terme. Dans 5x−4=2x+11, faire passer 2x à gauche donne 5x−2x, et faire passer −4 à droite donne +4 : on obtient 3x=11+4=15, et non 3x=11−4.
- Ne pas vérifier. Remplacer x par la valeur trouvée dans l’équation de départ coûte quelques secondes et évite presque toutes les erreurs.