En maths, on a souvent besoin de parler d’un nombre avant même de le connaître : la somme que tu mets de côté chaque semaine pour une paire de sneakers, le nombre de Robux dans un pack, le côté d’un terrain de basket… Pour cela, on utilise une lettre. Calculer avec des lettres, c’est le calcul littéral. Tu vas apprendre à écrire une formule, à remplacer une lettre par un nombre, à dire si une égalité est vraie ou fausse, et à résoudre une équation toute simple.
Mes objectifs
À la fin de ce chapitre, je sais :
- comprendre qu’une lettre représente un nombre ;
- écrire une formule à partir d’un énoncé ;
- remplacer une lettre par une valeur et calculer le résultat (substituer) ;
- dire si une égalité est vraie ou fausse en comparant ses deux membres ;
- résoudre une équation simple du type x+b=c ou a×x=c par une méthode arithmétique.
À quoi ça sert ?
Imagine que tu épargnes pour une paire à 96 €. Tu ne sais pas encore combien tu mettras de côté chaque semaine : appelle cette somme x. En 8 semaines, tu auras économisé 8×x. Avec une seule lettre, tu décris d’un coup toutes les possibilités, puis tu cherches la bonne valeur de x.
C’est exactement ce que font les jeux vidéo et les applis : une formule avec des lettres calcule ton score, ton stock de pièces ou le prix d’un pack, quel que soit le nombre de départ. Le calcul littéral, c’est le langage des formules.
1. Une lettre pour représenter un nombre
Expression littérale
Une expression littérale est un calcul qui contient une ou plusieurs lettres. Chaque lettre représente un nombre : un nombre inconnu, ou un nombre qui peut changer.
Par exemple, 2×x+1 est une expression littérale : la lettre x représente un nombre que l’on peut choisir.
Le signe de multiplication caché
Entre un nombre et une lettre, ou entre deux lettres, on a le droit de ne pas écrire le signe × : il est sous-entendu.
- 2×x s’écrit aussi 2x ;
- a×b s’écrit aussi ab.
En revanche, entre deux nombres, le signe × reste obligatoire : 4×5 ne peut pas s’écrire 45 (ce serait quarante-cinq !).
Lire 2x sans se tromper
2x se lit « deux fois x ». C’est bien une multiplication entre 2 et le nombre x, et non un nombre à deux chiffres. Si x=5, alors 2x=2×5=10.
Une formule est une expression littérale qui sert à calculer une grandeur (un prix, un périmètre, une durée…) à partir d’autres nombres.
Écrire une formule à partir d'un énoncé
- Repérer la grandeur que l’on cherche et lui donner un nom (par exemple P pour un périmètre).
- Choisir une lettre pour le nombre qui peut changer (par exemple c pour la longueur d’un côté).
- Traduire l’énoncé en calcul, en gardant le signe = entre le nom et le calcul.
Exemple : « le périmètre d’un carré est égal à 4 fois la longueur de son côté ». Si c est le côté, la formule est :
P=4×c=4c.
Exemple : le prix d'un pack de pièces
Dans un jeu, un pack contient toujours 50 pièces bonus, plus 10 pièces par euro dépensé. Si tu dépenses d euros, le nombre de pièces obtenues est :
N=10×d+50=10d+50.
La lettre d représente le nombre d’euros : c’est une formule, valable quelle que soit la somme dépensée.
3. Remplacer une lettre par un nombre (substituer)
Substituer
Substituer, c’est remplacer une lettre par une valeur numérique, puis effectuer le calcul. On obtient alors un nombre.
Calculer la valeur d'une expression
- Réécrire l’expression en remplaçant la lettre par sa valeur, en rétablissant le signe × caché.
- Effectuer le calcul en respectant les priorités : d’abord les multiplications, puis les additions.
Exemple : calculer 2x+1 pour x=3.
2x+1=2×3+1=6+1=7.
Piège : la multiplication cachée
On veut calculer 2x+1 pour x=3.
- FAUX : 2x+1=23+1=24. On a collé le 2 et le 3 comme s’il s’agissait du nombre vingt-trois.
- VRAI : entre 2 et x il y a un signe × caché, donc 2x=2×3=6, puis 6+1=7.
Quand tu remplaces une lettre par un nombre, remets toujours le signe × avant de calculer.
4. Tester une égalité
Les deux membres d'une égalité
Une égalité est composée de deux membres séparés par le signe = :
- le membre de gauche, écrit avant le signe = ;
- le membre de droite, écrit après le signe =.
Par exemple, dans 4×5=18, le membre de gauche est 4×5 et le membre de droite est 18.
Dire si une égalité est vraie ou fausse
- Calculer séparément le membre de gauche.
- Calculer séparément le membre de droite.
- Comparer les deux résultats :
- s’ils sont égaux, l’égalité est vraie ;
- s’ils sont différents, l’égalité est fausse.
Exemple : l’égalité 4×5=18 est-elle vraie ? Le membre de gauche vaut 4×5=20 ; le membre de droite vaut 18. Comme 20=18, l’égalité est fausse.
Tester une valeur dans une égalité
On peut aussi tester si un nombre rend une égalité vraie. Pour savoir si x=4 convient dans x+7=12, on remplace x par 4 : le membre de gauche vaut 4+7=11. Comme 11=12, la valeur x=4 ne convient pas.
5. Résoudre une équation simple
Équation et solution
Une équation est une égalité dans laquelle se cache un nombre inconnu, représenté par une lettre (souvent x). Résoudre l’équation, c’est trouver la valeur de l’inconnue qui rend l’égalité vraie : cette valeur s’appelle la solution.
Résoudre une équation du type x + b = c
On cherche le nombre auquel il faut ajouter b pour obtenir c. On enlève donc b au résultat : c’est une soustraction.
Exemple : résoudre x+7=12.
On cherche le nombre qui, augmenté de 7, donne 12. On calcule 12−7=5, donc x=5.
Vérification : 5+7=12. L’égalité est vraie, la solution est bien x=5.
Résoudre une équation du type a × x = c
On cherche le nombre que l’on multiplie par a pour obtenir c. On partage donc c en a parts égales : c’est une division.
Exemple : résoudre 8×x=96.
On cherche le nombre qui, multiplié par 8, donne 96. On calcule 896=12, donc x=12.
Vérification : 8×12=96. L’égalité est vraie, la solution est bien x=12.
Piège : addition et multiplication, ce n'est pas pareil
Pour résoudre une équation, on fait l’opération inverse de celle qui apparaît.
- Pour a×x=c, l’opération est une multiplication : on divise (x=ac). FAUX : faire c−a.
- Pour x+b=c, l’opération est une addition : on soustrait (x=c−b). FAUX : faire bc.
Le bon réflexe : « addition → je soustrais », « multiplication → je divise ». Et on vérifie toujours en remplaçant la solution dans l’équation de départ.