Contrôler des pièces en sortie d’usine, mesurer le taux de réponse à une campagne d’e-mailing, estimer le nombre de clients satisfaits dans un panel : à chaque fois, on répète une même expérience à deux issues (conforme ou non, répond ou pas, satisfait ou pas) et on compte les succès. La loi binomiale est l’outil qui modélise précisément ce type de situation, omniprésent en gestion.
Ce que tu sauras faire
- Je sais décrire une variable aléatoire X et donner sa loi de probabilité.
- Je sais calculer et interpréter l’espérance E(X).
- Je sais reconnaître un schéma de Bernoulli : n épreuves identiques et indépendantes à deux issues.
- Je sais identifier les paramètres n et p et écrire que X∼B(n;p).
- Je sais calculer P(X=k) avec la formule et à la calculatrice.
- Je sais calculer l’espérance d’une loi binomiale avec E(X)=np et l’interpréter dans un contexte de gestion.
À quoi ça sert ?
La loi binomiale est partout dès qu’on compte des succès sur un échantillon. En contrôle qualité, elle donne la probabilité d’avoir un certain nombre de pièces défectueuses dans un lot et permet de décider si on accepte ou non une livraison. En marketing, elle modélise le nombre de réponses « oui » à une offre selon un taux de réponse connu, ce qui aide à dimensionner une campagne. En étude de satisfaction, elle estime le nombre de clients satisfaits dans un panel. C’est donc un outil de décision au quotidien dans une entreprise.
1. Variable aléatoire et loi de probabilité
Variable aléatoire
On associe à chaque issue d’une expérience aléatoire un nombre. La règle qui réalise cette association s’appelle une variable aléatoire, souvent notée X.
L’ensemble des valeurs prises par X est noté {x1,x2,…,xn}.
Une variable aléatoire en gestion
Dans un lot de 4 pièces contrôlées, on note X le nombre de pièces défectueuses. Alors X peut prendre les valeurs 0, 1, 2, 3 ou 4 : c’est une variable aléatoire.
Loi de probabilité
Donner la loi de probabilité de X, c’est associer à chaque valeur xi sa probabilité pi=P(X=xi). On la présente dans un tableau :
| xi | x1 | x2 | … | xn |
|---|
| P(X=xi) | p1 | p2 | … | pn |
La somme de toutes les probabilités vaut toujours 1 : p1+p2+⋯+pn=1.
Espérance
L’espérance de X est la moyenne des valeurs prises par X, pondérée par leurs probabilités :
E(X)=x1×p1+x2×p2+⋯+xn×pn
Elle représente la valeur moyenne attendue de X si l’on répète un grand nombre de fois l’expérience.
Calculer une espérance
Le nombre X de réclamations reçues par jour dans un service suit la loi :
| xi | 0 | 1 | 2 |
|---|
| P(X=xi) | 0,5 | 0,3 | 0,2 |
L’espérance vaut :
E(X)=0×0,5+1×0,3+2×0,2=0,7.
En moyenne, le service reçoit donc 0,7 réclamation par jour.
2. Le schéma de Bernoulli
Épreuve de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire qui n’a que deux issues :
- le succès S, de probabilité p ;
- l’échec Sˉ, de probabilité 1−p.
Une épreuve de Bernoulli en contrôle qualité
Une machine produit des pièces dont 3% sont défectueuses. Prélever une pièce et regarder si elle est défectueuse est une épreuve de Bernoulli de succès « la pièce est défectueuse », avec p=0,03 et 1−p=0,97.
Schéma de Bernoulli
Un schéma de Bernoulli de paramètres n et p est la répétition de n épreuves de Bernoulli :
- identiques : la probabilité de succès p est la même à chaque épreuve ;
- indépendantes : le résultat d’une épreuve n’influence pas les autres.
Reconnaître un schéma de Bernoulli
On prélève 20 pièces dans une très grande production où 3% sont défectueuses. Chaque prélèvement a deux issues (défectueuse ou non) avec la même probabilité p=0,03, et comme la production est très grande, on considère les prélèvements indépendants. On a donc un schéma de Bernoulli de paramètres n=20 et p=0,03.
3. La loi binomiale
Loi binomiale
On répète un schéma de Bernoulli de paramètres n et p, et on note X la variable aléatoire qui compte le nombre de succès sur les n épreuves.
On dit alors que X suit la loi binomiale de paramètres n et p, ce que l’on note :
X∼B(n;p)
La variable X peut prendre toutes les valeurs entières de 0 à n.
Calculer P(X = k) à la calculatrice
En Terminale STMG, on obtient P(X=k) directement à la calculatrice, sans poser le calcul à la main :
- Casio : menu
STAT puis DIST → BINM → Bpd (probabilité ponctuelle), on saisit x=k, Numtrial =n et p.
- TI : touche
2nde puis distrib → binomFdp( (ou binompdf(), on saisit binomFdp(n , p , k).
Pour une probabilité du type P(X⩽k), on utilise la version cumulée (Bcd sur Casio, binomFRép/binomcdf sur TI).
Résoudre un problème avec la loi binomiale
- Vérifier qu’on a bien un schéma de Bernoulli : épreuves identiques, indépendantes, à deux issues.
- Identifier les paramètres : le nombre d’épreuves n et la probabilité de succès p. Conclure que X∼B(n;p).
- Repérer la valeur k cherchée et traduire la question : P(X=k), P(X⩽k) ou un événement contraire.
- Calculer la probabilité (formule ou calculatrice), puis arrondir comme demandé et conclure par une phrase dans le contexte.
Probabilité en contrôle qualité
Dans la production précédente (3% de pièces défectueuses), on prélève n=20 pièces, donc X∼B(20;0,03). Quelle est la probabilité d’avoir exactement 2 pièces défectueuses ?
P(X=2)=(220)(0,03)2(0,97)18.
À la calculatrice : P(X=2)≈0,0988, soit environ 9,9%.
Les pièges classiques
FAUX : écrire P(X=k)=pk en oubliant le coefficient (kn) et la puissance des échecs.
VRAI : la formule complète est P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k. Les trois facteurs sont indispensables.
Autres pièges :
- Ne pas confondre l’exposant de p (c’est k, les succès) et celui de 1−p (c’est n−k, les échecs).
- Vérifier que les épreuves sont indépendantes : un tirage sans remise dans un petit lot ne donne pas une loi binomiale.
- « Au moins un » se traite par le contraire : P(X⩾1)=1−P(X=0), et non en additionnant tous les cas.