Cours de Terminale sur la continuité et le théorème des valeurs intermédiaires (TVI) : continuité sur un intervalle, existence et unicité d'une solution de f(x) = k. Avec exercices corrigés.
8 exercices corrigés · Terminale générale - spécialité mathématiques · Mis à jour en juin 2026
La continuité traduit l’idée d’une courbe qu’on trace « sans lever le crayon ». C’est la propriété qui rend légitime le théorème des valeurs intermédiaires (TVI), l’outil de référence pour prouver qu’une équation f(x)=k possède une solution - et, avec la stricte monotonie, qu’elle n’en possède qu’une seule.
Fonction continue sur un intervalle
Une fonction f est continue sur un intervalle I lorsque, en tout point a de I, on a :
limx→af(x)=f(a)
Concrètement, la courbe de f ne présente aucun saut : on peut la tracer d’un seul trait sur I.
Les fonctions de référence sont continues
Sur tout intervalle inclus dans leur ensemble de définition, les fonctions suivantes sont continues :
les fonctions polynômes (continues sur R) ;
les fonctions rationnelles (continues sur leur ensemble de définition) ;
la fonction racine carréex (sur [0;+∞[) ;
les fonctions exponentielleex et logarithmelnx.
De plus, somme, produit, quotient et composée de fonctions continues restent continus (là où ils sont définis).
Lien dérivabilité / continuité
Si une fonction f est dérivable sur un intervalle I, alors elle est continue sur I.
La réciproque est fausse : une fonction peut être continue sans être dérivable (par exemple x↦∣x∣ en 0).
Théorème des valeurs intermédiaires (TVI)
Soit f une fonction continue sur un intervalle [a;b]. Pour tout réel kcompris entre f(a) et f(b), l’équation
f(x)=k
admet au moins une solution dans l’intervalle [a;b].
En particulier, si f(a) et f(b) sont de signes contraires, alors l’équation f(x)=0 possède au moins une solution entre a et b.
Corollaire : cas strictement monotone (unicité)
Soit f une fonction continue et strictement monotone sur [a;b]. Pour tout réel k compris entre f(a) et f(b), l’équation f(x)=k admet une unique solution dans [a;b].
Ce corollaire reste valable sur un intervalle ouvert ou infini (par exemple ]a;b[ ou [a;+∞[), en remplaçant f(a) et f(b) par les limites de f aux bornes.
Prouver qu'une équation f(x) = k a une solution unique
Vérifier que f est continue sur l’intervalle considéré (souvent : c’est un polynôme, donc continue sur R).
Étudier le signe de f′ pour montrer que f est strictement monotone.
Vérifier que k est compris entre les valeurs (ou limites) de f aux bornes.
Conclure par le corollaire du TVI : la solution existe et elle est unique.
Encadrer la solution par balayage
Pour approcher la solution α de f(x)=0, on cherche deux valeurs où fchange de signe :
si f(1)<0 et f(2)>0, alors α∈]1;2[ ;
on affine ensuite avec un pas plus petit : si f(1,2)<0 et f(1,3)>0, alors α∈]1,2;1,3[.
À chaque étape, l’amplitude de l’encadrement est divisée, ce qui donne une valeur approchée de α aussi précise que voulue.
Les pièges classiques
Le TVI exige la continuité : sur une fonction qui « saute », il ne s’applique pas.
Sans stricte monotonie, le TVI donne l’existence d’une solution, mais pas l’unicité.
Vérifier que k est bien entref(a) et f(b) : si k est en dehors, le théorème ne conclut rien.
« Au moins une solution » ne veut pas dire « exactement une » : ne pas confondre le théorème et son corollaire.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Qu'est-ce qu'une fonction continue sur un intervalle ?
Intuitivement, une fonction est continue sur un intervalle lorsqu'on peut tracer sa courbe sans lever le crayon. Les fonctions polynômes, rationnelles, racine carrée, exponentielle et logarithme sont continues sur tout intervalle de leur ensemble de définition.
Que dit le théorème des valeurs intermédiaires ?
Si f est continue sur un intervalle [a ; b] et si k est un réel compris entre f(a) et f(b), alors l'équation f(x) = k admet au moins une solution dans [a ; b]. En pratique, si f(a) et f(b) sont de signes contraires, l'équation f(x) = 0 a au moins une solution entre a et b.
Comment prouver qu'une équation admet une unique solution ?
On utilise le corollaire du TVI : si f est continue ET strictement monotone sur [a ; b], et si k est compris entre f(a) et f(b), alors l'équation f(x) = k admet une solution unique. La stricte monotonie se montre en général grâce au signe de la dérivée f′.