Un salaire qui monte de 60 € par an, un loyer qui prend 12 € de plus chaque année, une épargne où l’on ajoute un peu plus tous les mois : à chaque fois, on répète la même addition. Ces situations se modélisent par une suite arithmétique. Savoir calculer directement le terme de rang n et la somme de plusieurs termes permet de prévoir un montant dans 5 ou 10 ans sans tout calculer à la main.
Ce que tu dois savoir faire
À la fin de ce chapitre, je sais :
- reconnaître qu’une suite est arithmétique et trouver sa raison ;
- calculer un terme à partir du précédent (relation de récurrence) ;
- calculer directement le terme de rang n avec la formule ;
- dire si la suite est croissante ou décroissante selon le signe de la raison ;
- calculer la somme de termes consécutifs d’une suite arithmétique.
À quoi ça sert dans la vraie vie ?
Dès qu’une grandeur augmente (ou baisse) d’une valeur fixe à intervalles réguliers, tu as une suite arithmétique :
- un salaire annuel avec une augmentation fixe chaque année ;
- un loyer révisé du même montant tous les ans ;
- le nombre de commandes d’un food-truck qui gagne le même nombre de clients chaque semaine ;
- une épargne dans laquelle tu verses régulièrement.
La formule du terme de rang n te donne le montant futur d’un coup, et la formule de la somme te dit combien tu auras versé en tout. Pratique pour un budget !
1. Vocabulaire des suites
Suite et notation
Une suite numérique est une liste ordonnée de nombres, appelés les termes de la suite.
On note la suite (un). Chaque terme porte un rang (sa position) :
- u0 est le terme de rang 0 (souvent le terme de départ) ;
- u1 est le terme de rang 1, u2 celui de rang 2, etc. ;
- un est le terme de rang n (le terme « général ») ;
- un+1 est le terme juste après un.
Par exemple, pour la suite 5; 8; 11; 14; … on a u0=5, u1=8, u2=11.
Rang n et rang n + 1, ne pas confondre
n est un numéro de place, pas une valeur du tableau. un+1 ne veut pas dire « un+1 » : c’est simplement le terme suivant un dans la liste. Si un=11, alors un+1 est le terme d’après (par exemple 14), pas 12.
2. Suite arithmétique : définition et raison
Suite arithmétique
Une suite (un) est arithmétique lorsque l’on passe de chaque terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre r, appelé la raison.
Cela s’écrit, pour tout rang n :
un+1=un+r
C’est une relation de récurrence : chaque terme se déduit du précédent.
Vérifier qu'une suite est arithmétique et trouver la raison
Pour savoir si une suite est arithmétique, on calcule la différence entre un terme et le précédent : un+1−un.
- Calculer u1−u0, puis u2−u1, puis u3−u2…
- Si toutes ces différences donnent le même nombre, la suite est arithmétique et ce nombre est la raison r.
- Si les différences ne sont pas toutes égales, la suite n’est pas arithmétique.
Exemple : pour 5; 8; 11; 14, on a 8−5=3, 11−8=3, 14−11=3. La différence est toujours 3, donc la suite est arithmétique de raison r=3.
Une différence constante, pas un rapport constant
FAUX : « Les termes 4; 8; 16; 32 forment une suite arithmétique car on multiplie par 2. »
VRAI : dans une suite arithmétique, on ajoute toujours le même nombre, on ne multiplie pas. Ici 8−4=4 mais 16−8=8 : les différences ne sont pas égales, donc la suite n’est pas arithmétique. Pour vérifier, on regarde toujours la différence un+1−un, jamais le quotient.
3. Calculer le terme de rang n
Calculer les termes un par un avec la récurrence devient long si le rang est grand. Heureusement, il existe une formule directe.
Quand le premier terme est u1 (et non u0)
Parfois la situation démarre au rang 1 (par exemple « le 1er mois »). La formule s’adapte : on compte le nombre de pas entre le premier rang et le rang visé.
Si le premier terme est u1, alors :
un=u1+(n−1)×r
car il faut n−1 pas pour aller du rang 1 au rang n. Le mot-clé : compter combien de fois on ajoute la raison.
Calculer un terme de rang donné
- Repérer le premier terme (u0 ou u1) et la raison r.
- Choisir la bonne formule selon le rang de départ.
- Remplacer n par le rang cherché.
- Effectuer le calcul (d’abord la multiplication, puis l’addition).
Exemple : une suite arithmétique a pour premier terme u0=200 et pour raison r=15. Le terme de rang 10 vaut :
u10=u0+10×r=200+10×15=200+150=350.
4. Sens de variation
Le signe de la raison donne le sens de variation
Soit (un) une suite arithmétique de raison r.
- Si r>0 : à chaque étape on ajoute un nombre positif, donc la suite augmente : elle est croissante.
- Si r<0 : on ajoute un nombre négatif, donc la suite diminue : elle est décroissante.
- Si r=0 : tous les termes sont égaux : la suite est constante.
On lit donc le sens de variation directement sur le signe de la raison, sans calculer tous les termes.
Lien avec les fonctions affines
La formule un=u0+n×r ressemble à celle d’une fonction affine f(x)=ax+b :
- la raison r joue le rôle du coefficient directeur a (la pente) ;
- le premier terme u0 joue le rôle de l’ordonnée à l’origine b.
Conséquence visuelle : si on place les points de coordonnées (n; un), ils sont alignés ! Le nuage de points d’une suite arithmétique forme une droite. Une raison positive donne une droite qui monte, une raison négative une droite qui descend.
5. Somme des termes
Calculer une somme de termes
- Compter combien de termes on additionne.
- Identifier le premier terme et le dernier terme de la liste.
- Appliquer la formule : multiplier le nombre de termes par la somme (premier + dernier), puis diviser par 2.
Exemple : on additionne les 10 premiers termes de u0=2; u1=5; … de raison 3. Le dernier est u9=2+9×3=29. Il y a 10 termes (de u0 à u9), donc :
S=210×(2+29)=210×31=2310=155.
Bien compter le nombre de termes
FAUX : « De u0 à u9, il y a 9 termes. »
VRAI : quand on va du rang 0 au rang 9, il y a 9−0+1=10 termes (on compte les deux bornes). De même, de u1 à u12 il y a 12−1+1=12 termes. Se tromper d’un terme fausse toute la somme : il faut toujours faire dernier rang − premier rang + 1.
Réflexe de vérification
Le sens de variation doit coller au contexte : un salaire ou une épargne qui progressent ont une raison positive (la suite monte). Si tu trouves une raison négative pour un montant censé augmenter, reprends ton calcul de la différence un+1−un. Et garde l’unité (€, salariés, commandes) à chaque étape.