Quand tu plies une feuille en deux et que les deux moitiés d’un dessin se superposent pile, tu viens d’utiliser la symétrie axiale. C’est le pli du miroir : à gauche, à droite, exactement la même chose. Dans ce chapitre, tu vas apprendre à construire des figures symétriques, à reconnaître les axes de symétrie d’une figure, et à tracer la médiatrice d’un segment, une droite magique dont tous les points sont à la même distance de deux points donnés.
Ce que tu sauras faire
- Je sais reconnaître si une figure possède un (ou plusieurs) axe de symétrie et les tracer.
- Je sais construire le symétrique d’un point, d’un segment ou d’une figure par rapport à une droite.
- Je connais les propriétés conservées par la symétrie axiale (longueurs, angles, alignement).
- Je sais ce qu’est la médiatrice d’un segment et sa propriété d’équidistance.
- Je sais reconnaître les triangles particuliers (isocèle, équilatéral, rectangle) et leurs axes.
À quoi ça sert ?
Regarde autour de toi : la symétrie est partout. Une manette de jeu, le logo d’une marque de sneakers, un terrain de foot vu du ciel, un papillon, ton visage dans le miroir… Beaucoup d’objets sont construits « pareil à gauche et à droite ». Les designers s’en servent pour créer des logos équilibrés, les architectes pour dessiner des bâtiments, et toi, tu vas t’en servir pour construire des figures précises sans te tromper. La médiatrice, elle, sert dès qu’on cherche un point « à égale distance » de deux autres : exactement ce que fait une antenne placée au milieu de deux villes.
1. La symétrie axiale
Symétrique d'un point par rapport à une droite
Soit une droite (d) et un point A.
Le symétrique du point A par rapport à la droite (d) est le point A′ tel que la droite (d) soit la médiatrice du segment [AA′].
Autrement dit, (d) joue le rôle d’un miroir : A′ est l’image de A « de l’autre côté » du miroir, à la même distance.
Cas particulier : si le point A est déjà sur la droite (d), alors son symétrique est lui-même (A′=A).
Ce que la symétrie axiale conserve
La symétrie axiale ne déforme rien. Une figure et son symétrique sont superposables (on peut les faire coïncider en pliant la feuille le long de l’axe). La symétrie axiale conserve :
- les longueurs (un segment et son symétrique ont la même longueur) ;
- les angles (un angle et son symétrique ont la même mesure) ;
- les aires (une figure et son symétrique ont la même aire) ;
- l’alignement des points et le milieu d’un segment.
Seul le sens change : la figure est « retournée », comme dans un miroir.
Construire le symétrique d'un point à l'équerre
On cherche le symétrique A′ du point A par rapport à la droite (d).
- Place l’équerre pour tracer la droite perpendiculaire à (d) qui passe par A.
- Note H le point où cette perpendiculaire coupe la droite (d) (le pied).
- Mesure la distance AH à la règle.
- De l’autre côté de (d), sur la même perpendiculaire, place A′ tel que HA′=HA.
Le point A′ est alors le symétrique de A : on a bien AH=HA′ et (d) perpendiculaire à [AA′] en son milieu.
Symétrique d'un segment
Pour construire le symétrique d’un segment [AB], on n’a pas besoin de placer tous ses points : il suffit de construire le symétrique A′ de A et le symétrique B′ de B, puis de tracer le segment [A′B′].
Comme la symétrie conserve les longueurs, on a toujours A′B′=AB. Même principe pour un triangle ou un polygone : on construit le symétrique de chaque sommet, puis on relie.
2. La médiatrice d’un segment
Médiatrice d'un segment
La médiatrice d’un segment [AB] est la droite qui :
- passe par le milieu du segment [AB] ;
- et lui est perpendiculaire (elle forme un angle droit avec [AB]).
La médiatrice de [AB] est aussi l’axe de symétrie du segment [AB].
Propriété d'équidistance (la plus importante)
La médiatrice possède une propriété caractéristique très utile :
Tout point situé sur la médiatrice d’un segment [AB] est à égale distance des deux extrémités A et B.
Si M est un point de la médiatrice de [AB], alors MA=MB.
Et la réciproque est vraie aussi : si un point M vérifie MA=MB, alors il est sur la médiatrice de [AB]. C’est pour ça qu’on dit que la médiatrice est l’ensemble des points équidistants de A et de B.
Construire la médiatrice au compas (sans mesurer)
On veut tracer la médiatrice du segment [AB] au compas et à la règle.
- Ouvre le compas d’un écartement un peu plus grand que la moitié de [AB] (garde le même écartement pour toute la construction).
- Pointe sur A et trace un arc de cercle au-dessus et en dessous du segment.
- Pointe sur B (même écartement) et trace deux nouveaux arcs : ils croisent les premiers en deux points, qu’on note P et Q.
- Trace la droite (PQ) à la règle : c’est la médiatrice de [AB].
Pourquoi ça marche ? Les points P et Q ont été construits à égale distance de A et de B (même écartement de compas), donc d’après la propriété d’équidistance, ils sont sur la médiatrice. Deux points suffisent à tracer une droite.
3. Les triangles particuliers
Triangle isocèle, équilatéral, rectangle
- Un triangle isocèle est un triangle qui a deux côtés de même longueur. Le sommet où se rejoignent ces deux côtés est appelé le sommet principal.
- Un triangle équilatéral est un triangle qui a ses trois côtés de même longueur (ses trois angles mesurent alors 60°).
- Un triangle rectangle est un triangle qui possède un angle droit.
Axes de symétrie des triangles particuliers
- Le triangle isocèle possède un axe de symétrie : c’est la médiatrice de sa base (le côté qui n’a pas la même longueur que les deux autres). Cet axe passe par le sommet principal.
- Le triangle équilatéral possède trois axes de symétrie : les médiatrices de ses trois côtés.
- Un triangle quelconque (trois côtés de longueurs différentes) ne possède aucun axe de symétrie. Un triangle rectangle « ordinaire » n’a pas d’axe de symétrie non plus.
Cercle circonscrit à un triangle (nouveauté)
Voici une propriété qui réunit médiatrice et cercle.
Dans un triangle, les médiatrices des trois côtés se coupent toutes en un même point, appelé O.
Ce point O est à égale distance des trois sommets du triangle (puisqu’il est sur les trois médiatrices, donc équidistant des extrémités de chaque côté). On peut donc tracer un cercle de centre O qui passe par les trois sommets : c’est le cercle circonscrit au triangle.
Pour le construire : on trace deux médiatrices, leur point d’intersection donne le centre O, et on ouvre le compas de O jusqu’à un sommet.
Le piège à éviter avec les axes du rectangle
FAUX : « Un rectangle a quatre axes de symétrie, comme le carré. » C’est l’erreur la plus fréquente quand on débute.
VRAI : un rectangle (non carré) possède seulement deux axes de symétrie : les deux droites qui passent par les milieux des côtés opposés (une horizontale, une verticale). Ses diagonales NE SONT PAS des axes de symétrie : si tu plies un rectangle le long d’une diagonale, les deux moitiés ne se superposent pas.
Le carré, lui, possède bien quatre axes : les deux médianes et les deux diagonales, car tous ses côtés sont égaux.
Le test du pliage
En cas de doute sur un axe de symétrie, imagine (ou fais vraiment) le pliage de la figure le long de la droite. Si les deux moitiés se recouvrent parfaitement, bord contre bord, c’est un axe de symétrie. Sinon, ce n’en est pas un. C’est le test le plus sûr, et il ne trompe jamais.