Cours de Terminale STI2D sur la composition et la dérivation : dériver exponentielle de u, logarithme de u, u puissance n, racine de u, et étude complète. Exercices technologiques corrigés.
8 exercices corrigés · Terminale STI2D - mathématiques · Mis à jour en juin 2026
En STI2D, beaucoup de grandeurs s’écrivent comme une fonction placée à l’intérieur d’une autre : la tension d’un condensateur qui se charge contient une exponentielle de−RCt, la position d’un mobile une racine carrée, le niveau sonore un logarithme. Pour étudier leur vitesse de variation, leur maximum ou leur minimum, il faut savoir dériver ces fonctions composées. C’est l’objet de ce chapitre : une seule règle, la règle de la chaîne, déclinée sur les fonctions usuelles (exp, ln, puissances, racine), puis l’étude complète d’une fonction.
Mes objectifs sur ce chapitre
À la fin de ce chapitre, je sais :
reconnaître une fonction composéef(u) et identifier sa fonction « intérieure » u ;
appliquer la règle de dérivation d’une fonction composée ;
dériver les composées usuelles : eu, ln(u), un et u ;
déterminer le signe d’une dérivée composée et en déduire les variations ;
mener une étude complète (dérivée, signe, tableau de variations, extremum) sur un modèle technologique.
À quoi ça sert, concrètement ?
Quand tu branches un condensateur sur une pile à travers une résistance, sa tension monte selon u(t)=E(1−e−RCt). Pour connaître la vitesse de charge à un instant donné, tu dois dériver cette expression… qui contient une exponentielle d’une fonction du temps.
Même chose pour un signal qui s’atténue (e−αt), une température qui refroidit, ou la puissance instantanée d’un circuit (un produit de termes exponentiels) dont on cherche le pic. Toutes ces fonctions sont composées. Savoir les dériver, c’est pouvoir répondre à « à quelle vitesse ? » et « quand est-ce maximal ? » sur des systèmes réels.
1. Fonction composée
Fonction composée
Composer deux fonctions, c’est enchaîner leurs effets : on applique d’abord une fonction u, puis une fonction f au résultat. On obtient la fonction x↦f(u(x)), appelée composée.
La fonction u est la fonction intérieure (celle « sous » l’autre), f est la fonction extérieure.
Repérer l'intérieur et l'extérieur
Dans e−2t : l’intérieur est u(t)=−2t, l’extérieur est l’exponentielle. C’est « l’exponentielle de−2t ».
Dans ln(2x+1) : l’intérieur est u(x)=2x+1, l’extérieur est le logarithme.
Dans 1+t2 : l’intérieur est u(t)=1+t2, l’extérieur est la racine carrée.
Le bon réflexe : se demander « quelle fonction est appliquée en dernier ? ». C’est elle, l’extérieure.
2. Dériver une fonction composée
Dérivée d'une fonction composée (règle de la chaîne)
Soit u une fonction dérivable et f une fonction dérivable. La composée x↦f(u(x)) est dérivable, et sa dérivée est :
(f(u))′=u′×f′(u).
Autrement dit : on dérive l’extérieur (en gardant l’intérieur intact), puis on multiplie par la dérivée de l’intérieuru′.
Dériver une composée en 3 temps
Identifier la fonction intérieure u et calculer u′.
Dériver l’extérieur sans toucher à l’intérieur (par exemple, la dérivée de ou de ln).
Multiplier par u′, puis simplifier.
Le facteur u′ qui apparaît est la marque de fabrique d’une fonction composée : si tu oublies de le mettre, c’est que tu as oublié de dériver l’intérieur.
3. Les dérivées composées usuelles
Les quatre formules à connaître
Pour une fonction u dérivable (et strictement positive là où c’est nécessaire) :
Fonction
Dérivée
eu
u′eu
ln(u) (avec u>0)
uu′
un (n entier)
nu′un−1
u (avec u>0)
2uu′
On retrouve chacune en appliquant la règle (f(u))′=u′×f′(u) aux dérivées usuelles de exp, ln, xn et x.
Dériver une exponentielle composée
Soit f(t)=e−2t (un signal amorti).
L’intérieur est u(t)=−2t, donc u′(t)=−2. La formule donne :
f′(t)=u′eu=−2e−2t.
Comme e−2t>0 pour tout t, le signe de f′ est celui de −2 : f′(t)<0, donc f est décroissante. Le signal s’atténue, c’est cohérent.
Dériver un logarithme composé
Soit g(x)=ln(2x+1), définie pour 2x+1>0, c’est-à-dire x>−21.
L’intérieur est u(x)=2x+1, donc u′(x)=2. La formule donne :
g′(x)=uu′=2x+12.
Sur le domaine, 2x+1>0 et 2>0, donc g′(x)>0 : g est croissante sur ]−21;+∞[.
Dériver une racine composée
Soit h(t)=1+t2.
L’intérieur est u(t)=1+t2, donc u′(t)=2t. La formule donne :
h′(t)=2uu′=21+t22t=1+t2t.
On simplifie le facteur 2 au numérateur et au dénominateur. Le signe de h′ est celui de t (le dénominateur est toujours positif).
Le facteur u prime sort des constantes
Quand l’intérieur est de la forme u(t)=at+b, sa dérivée est simplement la constante u′=a. C’est pour ça que la dérivée de e−2t « sort un −2 », celle de ekt sort un k, et celle de e−τt sort un −τ1. Repère vite ce coefficient : c’est lui qui passe devant.
Le piège : oublier de multiplier par u prime
FAUX : « la dérivée de e−2t est e−2t » (on a recopié l’exponentielle sans rien d’autre).
VRAI : il faut multiplier par la dérivée de l’intérieuru′=−2. La dérivée est donc −2e−2t.
L’oubli du facteur u′ est l’erreur numéro un sur les composées. Le test : si ta dérivée de eu ou de ln(u) ne contient aucune trace de u′, c’est qu’il manque quelque chose. De même, la dérivée de ln(2x+1) est 2x+12, pas2x+11.
4. Signe d’une dérivée composée
Le signe de l'exponentielle est toujours positif
Pour toute fonction u dérivable, comme eu>0 partout, la dérivée
(eu)′=u′eu
a le même signe que u′. Étudier les variations de eu revient donc à étudier le signe de u′, ce qui est souvent bien plus simple.
Le signe du logarithme composé
Là où ln(u) est définie, on a u>0. La dérivée
(ln(u))′=uu′
a donc, elle aussi, le même signe que u′ (le dénominateur u étant strictement positif). Là encore, le signe de la dérivée se ramène à celui de u′.
Un raccourci très utile en technologie
Pour eu comme pour ln(u), le signe de la dérivée est celui de u′. Sur les modèles du type e−αt avec α>0, on a u′=−α<0 : la fonction est décroissante (un signal qui s’atténue, une charge qui se vide). Pas besoin de calculer l’exponentielle pour le savoir.
5. Étude complète d’une fonction composée
Mener une étude complète
Pour étudier une fonction f (souvent un modèle physique) sur un intervalle I :
Préciser l’ensemble de définition (penser aux conditions u>0 pour ln et ).
Calculer la dérivéef′ avec la règle de la chaîne, puis la factoriser (mettre en facteur ce qui est toujours positif, comme une exponentielle).
Étudier le signe de f′ sur I (souvent ramené au signe d’un facteur simple).
Dresser le tableau de variations : flèche montante là où f′>0, descendante là où f′<0.
Repérer les extremums (la dérivée s’annule en changeant de signe) et calculer leur valeur.
Étude d'une puissance instantanée (cas technologique)
La puissance instantanée fournie à un circuit est modélisée par p(t)=100(e−t−e−2t) (en watts, t en millisecondes), pour t≥0.
Dérivée. On dérive chaque exponentielle composée : (e−t)′=−e−t et (e−2t)′=−2e−2t. Donc
p′(t)=100(−e−t+2e−2t).
Factorisation. On met e−2t en facteur (il est toujours positif) :
p′(t)=100e−2t(2−et).
Signe. Comme 100e−2t>0, le signe de p′(t) est celui de 2−et. Or 2−et>0⟺et<2⟺t<ln2. Donc p′(t)>0 pour t<ln2 et p′(t)<0 pour t>ln2.
Variations.p croît sur [0;ln2] puis décroît sur [ln2;+∞[ : elle admet un maximum en t=ln2≈0,69 ms. Sa valeur est
p(ln2)=100(21−41)=25W.
Le pic de puissance vaut 25 W : valeur positive et cohérente.
Le piège : conclure à un extremum sans changement de signe
FAUX : « la dérivée s’annule en t=a, donc il y a un extremum en a ».
VRAI : il faut que f′change de signe en a. Pour la puissance ci-dessus, p′ passe bien de + à − en t=ln2 : c’est donc un maximum. Mais une dérivée qui s’annule sans changer de signe (comme u′eu quand u′ ne change pas de signe) ne donne aucun extremum.
Vérifie toujours le signe de part et d’autre avant d’écrire « maximum » ou « minimum ».
Toujours vérifier l'ordre de grandeur
Sur un modèle physique, contrôle que le résultat a un sens : une puissance maximale positive, une vitesse positive, un instant t≥0. Un pic de puissance négatif ou un temps négatif doit te mettre la puce à l’oreille : il y a sûrement une erreur de signe dans la dérivée.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Une fonction composée est une fonction placée à l'intérieur d'une autre, par exemple exponentielle de moins deux t. On dérive d'abord la fonction extérieure en gardant l'intérieur tel quel, puis on multiplie par la dérivée de l'intérieur. C'est la règle dite de la chaîne : la dérivée de f de u est égale à u prime multiplié par f prime de u.
Quelle est la dérivée de l'exponentielle de u ?
La dérivée de l'exponentielle d'une fonction u est égale à u prime multiplié par l'exponentielle de u. Par exemple, la dérivée de l'exponentielle de moins deux t est moins deux multiplié par l'exponentielle de moins deux t. L'exponentielle est toujours strictement positive, donc le signe de la dérivée est entièrement donné par celui de u prime.
Quelle est la dérivée du logarithme népérien de u ?
La dérivée du logarithme népérien d'une fonction u, là où u est strictement positive, est égale à u prime divisé par u. Par exemple, la dérivée du logarithme de deux x plus un est deux divisé par deux x plus un. Comme u est positive, le signe de cette dérivée est celui de u prime.