Quelle dimension donner à un enclos pour qu’il ait la plus grande surface possible ? Quel prix fixer pour un billet de spectacle afin de récolter le plus d’argent ? Beaucoup de problèmes de maximum ou de minimum se cachent derrière une même courbe : la parabole. C’est la signature des fonctions polynômes de degré 2. Dans ce chapitre, tu vas apprendre à reconnaître leur allure, à lire leurs racines sous forme factorisée et à repérer leur sommet.
Ce que tu sauras faire
- Je sais reconnaître une fonction polynôme de degré 2 et le coefficient a.
- Je sais dire si une parabole est tournée vers le haut ou vers le bas.
- Je sais tester si un nombre est une racine d’un polynôme.
- Je sais lire les racines d’un polynôme écrit sous forme factorisée.
- Je sais dresser le signe d’un polynôme factorisé.
- Je sais repérer le sommet et l’axe de symétrie pour trouver un maximum ou un minimum.
À quoi ça sert dans la vraie vie ?
Dès qu’une grandeur monte puis redescend (ou l’inverse), une parabole n’est jamais loin.
- Une boutique baisse son prix : elle vend plus, mais chaque vente rapporte moins. Sa recette finit par passer par un maximum.
- Avec une longueur fixe de grillage, l’aire d’un enclos atteint un maximum pour une certaine dimension.
- La trajectoire d’un ballon de basket qui retombe dans le panier dessine, elle aussi, une parabole.
Savoir lire le sommet d’une parabole, c’est savoir trouver « le meilleur réglage » : le prix qui rapporte le plus, la taille qui occupe le plus de place.
Fonction polynôme de degré 2
Une fonction polynôme de degré 2 (on dit aussi fonction du second degré) est une fonction qui peut s’écrire sous la forme
f(x)=ax2+bx+c,
où a, b et c sont des nombres fixés et où a=0.
Le nombre a est le coefficient du terme de degré 2 : c’est lui qui commande tout le comportement de la fonction. La condition a=0 est essentielle : si a=0, il n’y a plus de terme en x2 et la fonction n’est plus du second degré.
Par exemple, f(x)=3x2−5x+2 est une fonction polynôme de degré 2 avec a=3, b=−5 et c=2.
La parabole
Dans un repère, la courbe représentative d’une fonction polynôme de degré 2 s’appelle une parabole. C’est une courbe symétrique, en forme de « U » ou de « U renversé ».
Tous les points de la parabole se répartissent de part et d’autre d’une droite verticale, l’axe de symétrie, qui passe par le point le plus bas ou le plus haut de la courbe.
Sens de la parabole : tout dépend du signe de a
Le coefficient a donne immédiatement l’allure de la parabole.
- Si a>0, la parabole est tournée vers le haut (en forme de sourire). La fonction descend puis remonte : elle passe par un minimum.
- Si a<0, la parabole est tournée vers le bas (en forme de cloche). La fonction monte puis redescend : elle passe par un maximum.
Mémo : a positif, la parabole est positive d’esprit (elle sourit). a négatif, elle fait la moue.
Racine d'un polynôme
Une racine d’une fonction polynôme f est un nombre r pour lequel
f(r)=0.
Graphiquement, une racine est une abscisse où la parabole coupe l’axe des abscisses (l’axe horizontal). Une fonction du second degré peut avoir deux racines, une seule, ou aucune.
Tester si un nombre est une racine
Pour vérifier si un nombre r est une racine de f :
- Je calcule f(r) en remplaçant x par r partout dans l’expression.
- Je regarde le résultat :
- si f(r)=0, alors r est une racine ;
- si f(r)=0, alors r n’est pas une racine.
Exemple : est-ce que 2 est une racine de f(x)=x2−x−2 ?
f(2)=22−2−2=4−2−2=0, donc 2 est bien une racine.
Forme factorisée et lecture directe des racines
Quand une fonction du second degré est écrite sous forme factorisée
f(x)=a(x−r1)(x−r2),
ses racines sont r1 et r2 : ce sont les valeurs qui annulent chacun des facteurs.
En effet, un produit est nul si et seulement si l’un de ses facteurs est nul. Donc f(x)=0 revient à x−r1=0 ou x−r2=0, c’est-à-dire x=r1 ou x=r2.
Par exemple, pour f(x)=(x−3)(x+5), on lit directement les racines : x=3 (qui annule x−3) et x=−5 (qui annule x+5, car −5+5=0).
Le piège du signe dans la factorisation
Attention au signe quand tu lis une racine dans un facteur.
- FAUX : « dans f(x)=(x+5)(x−3), les racines sont 5 et −3 ». On a juste recopié les nombres avec leur signe, c’est une erreur très fréquente.
- VRAI : on cherche ce qui annule chaque facteur. x+5=0 donne x=−5, et x−3=0 donne x=3. Les racines sont donc −5 et 3.
Le bon réflexe : une racine est l’opposé du nombre qui accompagne le x dans le facteur. Le facteur (x+5) donne la racine −5.
Étudier le signe d'un polynôme factorisé
On veut savoir quand f(x) est positif, négatif ou nul, à partir de f(x)=a(x−r1)(x−r2) avec r1<r2.
- Je place les racines r1 et r2 sur une droite, dans l’ordre croissant.
- Je m’appuie sur l’allure de la parabole donnée par le signe de a :
- le polynôme s’annule en r1 et en r2 ;
- entre les deux racines, f(x) est du signe opposé à a ;
- à l’extérieur des deux racines, f(x) est du même signe que a.
Autrement dit : sur l’intervalle entre les racines, la parabole est « du côté contraire » de ce que dit a ; ailleurs, elle est « du côté de a ».
Signe de f(x) = (x - 2)(x - 8)
Ici f(x)=(x−2)(x−8) : on peut lire a=1 (le coefficient devant x2 une fois développé est 1), donc a>0 et la parabole est tournée vers le haut. Les racines sont 2 et 8.
- Pour x entre 2 et 8 : f(x) est du signe opposé à a, donc négatif.
- Pour x inférieur à 2 ou supérieur à 8 : f(x) est du même signe que a, donc positif.
- En x=2 et x=8 : f(x)=0.
On peut le vérifier avec un point : f(5)=(5−2)(5−8)=3×(−3)=−9, qui est bien négatif (et 5 est entre 2 et 8).
Sommet et axe de symétrie
Le sommet d’une parabole est son point le plus bas (si a>0) ou le plus haut (si a<0). Sa hauteur donne le minimum ou le maximum de la fonction.
L’axe de symétrie est la droite verticale qui passe par le sommet et coupe la parabole en deux moitiés identiques.
L'axe de symétrie passe au milieu des racines
Quand la parabole a deux racines r1 et r2, l’axe de symétrie passe exactement au milieu des deux racines. L’abscisse du sommet est donc la moyenne des racines :
xsommet=2r1+r2.
Pour obtenir la hauteur du sommet, on remplace ensuite cette abscisse dans la fonction : on calcule f(xsommet).
C’est la méthode reine pour trouver un maximum (aire la plus grande, recette la plus forte) ou un minimum (coût le plus faible).
Sommet de f(x) = (x - 2)(x - 8)
Les racines sont 2 et 8. L’abscisse du sommet est leur milieu :
xsommet=22+8=210=5.
La hauteur du sommet vaut f(5)=(5−2)(5−8)=3×(−3)=−9.
Comme a>0, la parabole est tournée vers le haut : le sommet est le point le plus bas. Le minimum de la fonction est donc −9, atteint pour x=5.
Ne pas confondre l'abscisse et la hauteur du sommet
- FAUX : « le maximum de la recette vaut 15 ». On a donné l’abscisse du sommet (la valeur de x), pas la hauteur.
- VRAI : la valeur x=15 indique où se trouve le sommet (par exemple le prix qui maximise la recette). Le maximum lui-même, c’est la hauteur f(15) qu’il faut encore calculer.
Le réflexe : l’axe de symétrie donne un x ; le maximum (ou minimum) est la valeur de f en ce x. Toujours finir par remplacer dans la fonction.
Pour ne plus se tromper
- Le signe de a d’abord : il décide de tout (sens de la parabole, maximum ou minimum).
- Une racine se lit en cherchant ce qui annule un facteur, pas en recopiant le nombre.
- L’axe de symétrie est au milieu des racines : pense à une moyenne.
- Le sommet se trouve en deux temps : d’abord son abscisse (le x), puis sa hauteur (le f(x)).