Cours de Première STI2D sur les fonctions cosinus et sinus : périodicité, parité, courbes et modèle sinusoïdal d'un signal (amplitude, pulsation, phase). Exercices corrigés.
8 exercices corrigés · Première STI2D - mathématiques · Mis à jour en juin 2026
Une tension électrique du secteur, le signal d’un capteur, l’onde d’un son ou l’oscillation d’un pendule : tous se répètent à l’identique au fil du temps. Pour les décrire en mathématiques, on utilise les fonctions circulairescos et sin. Ce chapitre te montre comment lire leurs courbes, exploiter leur périodicité et leur parité, et surtout comment un modèle sinusoïdal (amplitude, pulsation, phase) permet de mettre une équation sur un vrai signal industriel.
Ce que tu sauras faire à la fin
Je sais reconnaître une courbe de cosinus et une courbe de sinus.
Je sais utiliser la périodicité (cos(x+2π)=cos(x)) et la parité (cos paire, sin impaire).
Je sais lire l’amplitude et la période d’un signal sinusoïdal sur un graphe.
Je sais relier période, fréquence et pulsation : f=T1 et ω=T2π.
Je sais écrire le modèleu(t)=Umaxcos(ωt+φ) d’une grandeur qui oscille et prévoir sa valeur à un instant donné.
À quoi ça sert en STI2D ?
Branche un oscilloscope sur une prise : tu vois une courbe qui monte et descend, encore et encore. Cette « vague » régulière, c’est une sinusoïde. La tension du secteur en France est une fonction sinusoïdale de fréquence 50 Hz.
Dès que tu étudieras un signal (audio, capteur), une tension alternative, la charge d’un condensateur ou la vibration d’une pièce, tu retrouveras le sinus et le cosinus. Savoir lire amplitude, période et pulsation, c’est savoir dimensionner un composant ou comparer deux signaux. Bref, c’est l’outil de base de l’électronique et du traitement du signal.
1. Les fonctions cosinus et sinus
Cosinus et sinus d'un nombre réel
À chaque nombre réel x (vu comme une mesure d’angle en radians) on associe deux nombres :
son cosinus, noté cos(x) ;
son sinus, noté sin(x).
Ces deux nombres sont toujours compris entre −1 et 1 :
−1⩽cos(x)⩽1et−1⩽sin(x)⩽1.
On définit ainsi deux fonctions, la fonction cosinusx↦cos(x) et la fonction sinusx↦sin(x), définies pour tout réel x.
Quelques valeurs à connaître
Ces valeurs reviennent sans cesse ; elles servent à construire les courbes.
x (rad)
0
6π
4π
3π
2π
π
23π
2π
cos(x)
1
23
22
21
0
−1
0
1
sin(x)
0
21
22
23
1
0
−1
0
Ordre de grandeur utile : 22≈0,71 et 23≈0,87.
2. Périodicité
Une fonction périodique
Une fonction f est périodique de période T (avec T>0) lorsque, pour tout réel x :
f(x+T)=f(x).
Autrement dit, la courbe se répète à l’identique tous les T. La plus petite valeur de T qui convient s’appelle la période de la fonction.
Période des fonctions cosinus et sinus
Les fonctions cos et sin sont périodiques de période 2π : pour tout réel x,
cos(x+2π)=cos(x)etsin(x+2π)=sin(x).
Sur un graphe, il suffit donc de connaître un seul motif (sur un intervalle de longueur 2π) pour reconstituer toute la courbe en le recopiant à gauche et à droite.
3. Parité
Fonction paire, fonction impaire
On regarde ce qui se passe quand on remplace x par −x :
f est paire si f(−x)=f(x) pour tout x. Sa courbe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées (l’axe vertical).
f est impaire si f(−x)=−f(x) pour tout x. Sa courbe est symétrique par rapport à l’origine du repère.
Parité de cosinus et de sinus
cos(−x)=cos(x):la fonction cosinus est paire.sin(−x)=−sin(x):la fonction sinus est impaire.
Concrètement : la courbe du cosinus se reflète dans un miroir vertical placé sur l’axe des ordonnées ; celle du sinus se retrouve par un demi-tour autour de l’origine.
Ne pas confondre paire et impaire
FAUX : « Le sinus est pair, sa courbe est symétrique par rapport à l’axe vertical. »
VRAI : le sinus est impair : sin(−x)=−sin(x). Vérifie sur une valeur : sin(−2π)=−1, alors que sin(2π)=1. On obtient bien l’opposé, pas la même valeur : la symétrie est donc par rapport à l’origine, pas par rapport à l’axe des ordonnées. C’est le cosinus qui est pair (et là, cos(−2π)=cos(2π)=0).
4. Les courbes de référence
Allure des courbes de cosinus et de sinus
Sur un intervalle de longueur 2π, retiens les points clés.
Courbe du cosinus (x↦cos(x)) :
part de son maximum cos(0)=1 ;
redescend, s’annule en 2π, atteint son minimum −1 en π ;
remonte, s’annule en 23π, revient à 1 en 2π.
Courbe du sinus (x↦sin(x)) :
part de sin(0)=0 ;
monte jusqu’à son maximum 1 en 2π ;
redescend, s’annule en π, atteint son minimum −1 en 23π, revient à 0 en 2π.
Les deux courbes ont la même forme de vague : la courbe du sinus est simplement la courbe du cosinus décalée vers la droite de 2π.
5. Le modèle sinusoïdal d’un signal
C’est le cœur du chapitre pour la STI2D : modéliser une grandeur physique qui oscille (une tension, une position, un signal de capteur) par une fonction du temps t.
Forme générale d'un signal sinusoïdal
Une grandeur sinusoïdale qui dépend du temps t (en secondes) s’écrit, par exemple pour une tension u :
u(t)=Umaxcos(ωt+φ).
Umax>0 est l’amplitude : la valeur maximale atteinte par le signal (ici en volts). Le signal varie entre −Umax et +Umax.
ω (lettre grecque « oméga ») est la pulsation, en radians par seconde (rad·s-1). Elle dit à quelle vitesse le signal oscille.
φ (lettre grecque « phi ») est la phase à l’origine, en radians : elle indique le décalage de la courbe par rapport à l’instant t=0.
Période, fréquence et pulsation
Ces trois grandeurs décrivent la même chose - la rapidité de l’oscillation - sous trois angles.
La périodeT (en secondes) est la durée d’un motif complet.
La fréquencef (en hertz, Hz) est le nombre de motifs par seconde :
f=T1et reˊciproquementT=f1.
La pulsationω (en rad·s-1) est reliée à la période et à la fréquence par :
ω=T2π=2πf.
Lire un modèle sur une tension du secteur
La tension du secteur en France a pour amplitude Umax=325 V et pour fréquence f=50 Hz.
Période : T=f1=501=0,02 s, soit 20 ms.
Pulsation : ω=2πf=2π×50=100π≈314 rad·s-1.
Un modèle possible (en prenant la phase nulle) est donc :
u(t)=325cos(100πt).
Le signal monte jusqu’à 325 V, descend jusqu’à −325 V, et fait un aller-retour complet toutes les 0,02 seconde.
Lire amplitude et période d'un signal sur un graphe
On dispose de la courbe d’un signal (par exemple à l’écran d’un oscilloscope).
Amplitude : repérer la valeur maximale atteinte par la courbe (sommet d’une « bosse »). C’est Umax. On peut aussi mesurer l’écart total entre le plus haut et le plus bas, qui vaut 2Umax, puis diviser par 2.
Période : repérer un motif qui se répète et mesurer la durée d’un motif completT (par exemple d’un sommet au sommet suivant).
Fréquence : en déduire f=T1.
Pulsation (si demandée) : calculer ω=T2π.
Le bon réflexe pour la période
Pour mesurer T sans se tromper, repère deux points identiques consécutifs de la courbe : deux sommets de suite, ou deux passages par zéro dans le même sens (en montant, par exemple). La durée entre ces deux points est exactement une période. Mesurer d’un zéro au zéro suivant (sens opposé) ne donnerait que la demi-période2T.
Pulsation et fréquence, ce n'est pas la même chose
FAUX : « La pulsation, c’est juste un autre nom de la fréquence, donc ω=f. »
VRAI : la pulsation et la fréquence se mesurent dans des unités différentes et ne sont pas égales. Elles sont reliées par un facteur 2π :
ω=2πf(en rad⋅s−1)tandis quef(en Hz).
Pour le secteur (f=50 Hz), on a ω=2π×50≈314 rad·s-1, et non 50. Vérifie toujours l’unité : des hertz pour f, des radians par seconde pour ω.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Quelle est la différence entre période et fréquence d'un signal ?
La période est la durée d'un motif complet du signal, en secondes. La fréquence est le nombre de motifs par seconde, en hertz. Les deux sont inverses l'une de l'autre : la fréquence est égale à un divisé par la période, et la période est égale à un divisé par la fréquence. Par exemple, un signal de période un centième de seconde a une fréquence de cent hertz.
La fonction cosinus est-elle paire ou impaire ?
La fonction cosinus est paire : sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, et le cosinus de moins x est égal au cosinus de x. La fonction sinus, elle, est impaire : sa courbe est symétrique par rapport à l'origine, et le sinus de moins x est égal à l'opposé du sinus de x.
Que représentent l'amplitude et la pulsation dans un signal sinusoïdal ?
Dans un signal écrit avec un sinus ou un cosinus, l'amplitude est la valeur maximale atteinte par le signal, par exemple la tension maximale en volts. La pulsation indique la rapidité de l'oscillation : elle se mesure en radians par seconde et se calcule en faisant deux fois pi divisé par la période. Plus la pulsation est grande, plus le signal oscille vite.