Cours de Première STI2D sur le trinôme du second degré : discriminant, racines, forme canonique, sommet de la parabole, signe du trinôme et allure des courbes de degré 3. Exercices corrigés.
8 exercices corrigés · Première STI2D - mathématiques · Mis à jour en juin 2026
En STI2D, beaucoup de grandeurs ne varient pas de façon proportionnelle : la trajectoire d’un jet d’eau, la puissance d’un panneau, le bénéfice d’un atelier ou le volume d’une boîte pliée suivent des modèles polynomiaux. Le trinôme du second degré est le plus courant : sa courbe est une parabole dont on sait repérer le sommet (la valeur maximale ou minimale), trouver les racines (les valeurs qui annulent la grandeur) et étudier le signe. On termine par un premier regard sur le degré 3, utile dès qu’un volume entre en jeu.
Ce que tu sauras faire à la fin
Je sais reconnaître un trinôme du second degréax2+bx+c et donner ses coefficients a, b, c.
Je sais calculer le discriminantΔ et en déduire le nombre de racines.
Je sais résoudre une équation du second degré et calculer les racines.
Je sais déterminer le sommet de la parabole et dire s’il s’agit d’un maximum ou d’un minimum.
Je sais dresser le tableau de signes d’un trinôme.
Je sais reconnaître l’allure d’une courbe de degré 3.
À quoi ça sert, concrètement ?
Imagine un jet d’eau qui sort d’une buse : il monte, atteint une hauteur maximale, puis redescend. Sa trajectoire est une parabole, et le sommet te donne directement cette hauteur maximale - sans tâtonner. Même outil pour trouver la quantité de pièces qui rend un atelier le plus rentable, la surface utile maximale d’un panneau après découpe, ou la valeur d’un signal. Bref : dès que tu cherches « le meilleur réglage » ou « à partir de quand c’est rentable », le second degré est ton allié.
Trinôme du second degré
On appelle trinôme du second degré (ou polynôme de degré 2) toute expression de la forme
f(x)=ax2+bx+c,
où a, b et c sont des nombres réels aveca=0.
a est le coefficient dominant (celui de x2) ;
b est le coefficient de x ;
c est le terme constant.
Par exemple, pour f(x)=−2x2+8x−6, on a a=−2, b=8 et c=−6.
La courbe est une parabole
La courbe représentative d’un trinôme f(x)=ax2+bx+c est une parabole.
Si a>0, la parabole est tournée vers le haut (« en U ») : elle admet un minimum.
Si a<0, la parabole est tournée vers le bas (« en cloche ») : elle admet un maximum.
Le signe de a se lit donc directement sur l’allure de la courbe : c’est le premier réflexe à avoir.
Discriminant
Pour un trinôme f(x)=ax2+bx+c (avec a=0), on appelle discriminant le nombre
Δ=b2−4ac.
C’est son signe qui décide du nombre de solutions de l’équation ax2+bx+c=0.
Nombre de racines selon le signe de Δ
On résout l’équation ax2+bx+c=0. Trois cas selon le discriminant Δ=b2−4ac :
si Δ>0 : l’équation a deux racines réelles distinctesx1=2a−b−Δetx2=2a−b+Δ;
si Δ=0 : l’équation a une racine doublex0=2a−b;
si Δ<0 : l’équation n’a aucune racine réelle (la parabole ne coupe pas l’axe des abscisses).
Les racines sont exactement les valeurs de x pour lesquelles la courbe coupe l’axe des abscisses.
Résoudre une équation du second degré
On veut résoudre ax2+bx+c=0.
Identifier les coefficients a, b et c (penser au signe).
Calculer le discriminant Δ=b2−4ac.
Comparer Δ à 0 pour connaître le nombre de racines.
Si Δ≥0, appliquer les formules des racines (ne pas oublier la racine carrée de Δ).
Conclure en donnant l’ensemble des solutions.
Exemple : résolvons x2−5x+6=0. Ici a=1, b=−5, c=6, donc
Δ=(−5)2−4×1×6=25−24=1>0.
Comme Δ>0, il y a deux racines :
x1=25−1=25−1=2etx2=25+1=25+1=3.
Forme canonique et sommet
Tout trinôme f(x)=ax2+bx+c peut s’écrire sous sa forme canoniquef(x)=a(x−α)2+β,
où le point S(α;β) est le sommet de la parabole. On retient surtout ses coordonnées :
α=2a−betβ=f(α).
L’abscisse α se calcule directement ; l’ordonnée β s’obtient en remplaçantα dans le trinôme.
Le sommet donne le maximum ou le minimum
Le sommet S(α;β) est l’extremum de la fonction :
si a<0 (parabole vers le bas), β est la valeur maximale de f, atteinte en x=α ;
si a>0 (parabole vers le haut), β est la valeur minimale de f, atteinte en x=α.
C’est cette propriété qui répond aux questions du type « hauteur maximale d’un jet » ou « bénéfice maximal d’un atelier » : on calcule α=2a−b, puis β=f(α).
Signe d'un trinôme du second degré
Quand Δ>0, on note x1<x2 les deux racines. Le signe de f(x)=ax2+bx+c est :
signe de aaˋ l’exteˊrieur des racines, signe contraire aˋ l’inteˊrieur.
Autrement dit, f(x) est du signe de a pour x<x1 et pour x>x2, et du signe contraire à a pour x1<x<x2.
Si Δ=0 : f(x) est du signe de a partout, et s’annule seulement en x0.
Si Δ<0 : f(x) est du signe de asur toutR (il ne s’annule jamais).
Dresser le tableau de signes d'un trinôme
Calculer Δ et déterminer les racines (s’il y en a).
Repérer le signe de a.
Tracer une ligne avec, dans l’ordre croissant, les racines x1 et x2.
Sur cette ligne, mettre le signe de a aux extrémités (avant x1 et après x2) et le signe contraire entre les deux.
Exemple avec f(x)=−2x2+8x−6 : on trouve Δ=16>0 et les racines x1=1 et x2=3. Comme a=−2<0, f(x) est négatif avant 1, positif entre 1 et 3, puis négatif après 3.
Polynôme de degré 3
Un polynôme de degré 3 est une expression de la forme
g(x)=ax3+bx2+cx+d,
où a, b, c, d sont des réels aveca=0. Le terme de plus haut degré est ax3.
On rencontre le degré 3 dès qu’un volume intervient : par exemple, le volume (en cm3) d’une boîte obtenue par pliage d’une plaque dépend de la découpe x sous la forme V(x)=4x3−120x2+900x.
Allure des courbes de degré 3
La courbe d’un polynôme de degré 3 a une allure caractéristique en « S » couché :
si a>0, la courbe monte globalement : elle vient « d’en bas » à gauche et part « vers le haut » à droite ;
si a<0, la courbe descend globalement : elle vient « d’en haut » à gauche et part « vers le bas » à droite.
Entre ces deux comportements, la courbe peut présenter un creux et une bosse (un minimum local puis un maximum local, ou l’inverse). C’est ce qui permet, sur un volume comme V(x), d’avoir un maximum pour une valeur intermédiaire de x.
Le réflexe du sommet
Tu cherches un maximum ou un minimum d’un trinôme ? Inutile de tester plein de valeurs : calcule directement
α=2a−b,puisβ=f(α).
L’abscisse α te dit « quel réglage » (la quantité, la distance, la découpe…) et β te dit « combien » (la hauteur, le bénéfice, l’aire…). Le signe de a te confirme si c’est bien un maximum (a<0) ou un minimum (a>0).
Les pièges à éviter
Oublier le signe dans Δ. Pour f(x)=−2x2+8x−6 : FAUX d’écrire Δ=82−4×2×6. VRAI : avec a=−2 et c=−6, Δ=82−4×(−2)×(−6)=64−48=16. On reporte les coefficients avec leur signe.
Confondre l’abscisse et l’ordonnée du sommet.FAUX : dire que la hauteur maximale du jet est α=2a−b. VRAI : α est seulement l’abscisse (le « où ») ; la hauteur maximale est β=f(α), qu’il faut calculer en remplaçant.
Oublier la racine carrée de Δ.FAUX : x1=2a−b−Δ. VRAI : x1=2a−b−Δ ; c’est bien Δ qui apparaît dans la formule.
Inverser le signe du trinôme.FAUX : croire qu’un trinôme est toujours positif entre ses racines. VRAI : il est du signe de a à l’extérieur des racines et du signe contraire à l’intérieur ; donc si a<0, il est positif entre les racines, et négatif ailleurs.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Comment calculer le discriminant d'un trinôme du second degré ?
Pour un trinôme de la forme a x au carré plus b x plus c, le discriminant se note delta et vaut b au carré moins 4 fois a fois c. Son signe indique le nombre de racines : si delta est strictement positif il y a deux racines, si delta est nul il y a une racine double, et si delta est strictement négatif il n'y a pas de racine réelle.
Comment trouver le sommet d'une parabole ?
Le sommet d'une parabole d'équation a x au carré plus b x plus c a pour abscisse moins b divisé par 2 a. On calcule ensuite son ordonnée en remplaçant cette valeur dans le trinôme. Si a est négatif le sommet est le point le plus haut de la courbe, ce qui correspond à un maximum ; si a est positif c'est le point le plus bas, donc un minimum.
Quel est le signe d'un trinôme du second degré ?
Un trinôme est du signe de son coefficient a partout, sauf entre ses deux racines où il est du signe contraire. On résume cela par la phrase : signe de a à l'extérieur des racines, signe contraire à l'intérieur. S'il n'y a pas de racine, le trinôme garde le signe de a sur tout l'ensemble des réels.