En STI2D, tu cherches souvent à savoir à quelle vitesse une grandeur évolue : la vitesse d’un mobile à partir de sa position, la variation d’une température, l’intensité qui traverse un composant, ou encore à régler un système au mieux (maximiser une puissance, minimiser une quantité de matière). La dérivation est l’outil mathématique qui répond à ces deux questions : elle mesure une variation instantanée et permet d’étudier les variations d’une fonction pour en trouver les valeurs extrêmes.
Mes objectifs sur ce chapitre
À la fin de ce chapitre, je sais :
- interpréter le nombre dérivé f′(a) comme pente de la tangente et comme vitesse de variation ;
- écrire l’équation de la tangente à une courbe en un point ;
- calculer la fonction dérivée des fonctions usuelles et des polynômes ;
- déduire les variations d’une fonction du signe de sa dérivée ;
- déterminer les extremums (maximum, minimum) d’une fonction.
À quoi ça sert, concrètement ?
Imagine un mobile dont tu connais la position f(t) à chaque instant t. Entre deux dates, tu peux calculer une vitesse moyenne. Mais quelle est sa vitesse exactement à l’instant t=3 s, affichée sur le compteur ? C’est le nombre dérivé f′(3).
Même idée partout en technologie : la dérivée du débit, c’est une accélération de remplissage ; la dérivée d’une charge électrique, c’est une intensité. Et quand tu veux dimensionner une pièce (la tôle d’un réservoir, la section d’un capteur) avec le moins de matière possible, tu cherches le minimum d’une fonction : tu étudies le signe de sa dérivée. La dérivation, c’est l’outil de l’optimisation.
1. Nombre dérivé et tangente
Nombre dérivé en un point
Soit f une fonction définie sur un intervalle I et a un nombre de I. Lorsqu’il existe, le nombre dérivé de f en a, noté f′(a), est le coefficient directeur de la tangente à la courbe de f au point d’abscisse a.
On peut l’interpréter comme la vitesse de variation instantanée de f au point a : il indique à quelle vitesse f(x) augmente ou diminue au voisinage de a.
Tangente à une courbe
La tangente à la courbe de f au point A(a;f(a)) est la droite qui « épouse » la courbe en ce point. Sa pente est le nombre dérivé f′(a).
- Si f′(a)>0, la tangente monte : la fonction croît en a.
- Si f′(a)<0, la tangente descend : la fonction décroît en a.
- Si f′(a)=0, la tangente est horizontale.
Écrire l'équation d'une tangente
- Calculer f(a) : c’est l’ordonnée du point de contact.
- Déterminer la fonction dérivée f′, puis calculer f′(a) : c’est la pente.
- Remplacer dans la formule y=f′(a)(x−a)+f(a).
- Développer et réduire pour obtenir une équation de la forme y=mx+p.
Exemple : pour f(x)=x2 en a=2, on a f(2)=4 et f′(x)=2x donc f′(2)=4. La tangente est y=4(x−2)+4=4x−4.
2. Fonction dérivée
Fonction dérivée
Lorsque f admet un nombre dérivé en tout point d’un intervalle I, on dit que f est dérivable sur I. La fonction qui à chaque x associe le nombre dérivé f′(x) s’appelle la fonction dérivée de f, notée f′.
Dériver un polynôme
Soit f(x)=4x3−5x2+2x−7.
On dérive terme par terme :
f′(x)=4×3x2−5×2x+2×1−0=12x2−10x+2.
Le terme constant −7 a une dérivée nulle : il disparaît.
Le réflexe pour les polynômes
Pour dériver axn, on descend l’exposant devant et on diminue l’exposant de 1 :
(axn)′=a×n×xn−1.
Ainsi (3x4)′=12x3 et (x)′=1×x0=1.
Le piège de la dérivée d'une constante (et des coefficients)
FAUX : « la dérivée de 5x2 est 5x » et « la dérivée de 7 est 7 ».
VRAI : pour 5x2, on descend l’exposant : sa dérivée est 5×2x=10x. Et la dérivée d’une constante est nulle : la dérivée de 7 est 0.
Une constante représente une grandeur qui ne varie pas : sa vitesse de variation est donc 0. Ne confonds pas le coefficient (qui reste) et l’exposant (qui descend).
3. Dérivée et variations
Signe de la dérivée et sens de variation
Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I.
- Si f′(x)>0 sur I, alors f est croissante sur I.
- Si f′(x)<0 sur I, alors f est décroissante sur I.
- Si f′(x)=0 sur I, alors f est constante sur I.
Étudier le signe de la dérivée, c’est donc déterminer les variations de la fonction.
Étudier les variations d'une fonction
- Calculer la dérivée f′(x).
- Résoudre f′(x)=0 et étudier le signe de f′(x) (souvent un signe de trinôme ou un signe affine).
- Dresser le tableau de variations : flèche montante là où f′>0, descendante là où f′<0.
- Reporter les valeurs f(x) aux bornes et aux points où f′ s’annule.
Extremum : maximum et minimum
Un extremum est une valeur où la fonction « se retourne » :
- un maximum lorsque f cesse de croître pour décroître ;
- un minimum lorsque f cesse de décroître pour croître.
En un tel point, la tangente est horizontale, donc le nombre dérivé est nul.
Repérer un extremum avec la dérivée
Si la dérivée f′ s’annule en changeant de signe en x=a, alors f admet un extremum en a :
- si f′ passe de + à − : f(a) est un maximum ;
- si f′ passe de − à + : f(a) est un minimum.
Trouver un maximum (cas technologique)
La puissance dissipée dans une charge, en fonction de l’intensité x (en A), est modélisée par P(x)=24x−4x2 (en W) pour x∈[0;6].
On dérive : P′(x)=24−8x.
On résout P′(x)=0 : 24−8x=0, donc x=3 A.
Pour x<3, P′(x)>0 (croissante) ; pour x>3, P′(x)<0 (décroissante) : P′ passe de + à −, donc P admet un maximum en x=3.
Ce maximum vaut P(3)=24×3−4×32=72−36=36 W.
Le piège de l'extremum sans changement de signe
FAUX : « la dérivée s’annule en a, donc il y a forcément un extremum en a ».
VRAI : il faut que la dérivée change de signe en a. Par exemple f(x)=x3 a pour dérivée f′(x)=3x2, qui s’annule en 0 mais reste positive de part et d’autre : f est croissante partout, il n’y a aucun extremum en 0.
Avant de conclure « maximum » ou « minimum », vérifie toujours le signe de chaque côté.
Toujours vérifier l'ordre de grandeur
Quand tu trouves un extremum dans un problème concret (puissance maximale, coût minimal, surface minimale), vérifie que la valeur a un sens physique : une puissance positive, une longueur positive, un résultat cohérent avec l’énoncé. Une intensité négative ou une surface gigantesque doit te mettre la puce à l’oreille.