Cours de Première STI2D sur les variables aléatoires : loi de probabilité, espérance, variance, écart-type, schéma de Bernoulli, coefficients binomiaux et loi binomiale. Exercices corrigés.
8 exercices corrigés · Première STI2D - mathématiques · Mis à jour en juin 2026
Sur une chaîne de production, combien de composants vont être défectueux dans un lot de 20 ? Sur une vidéo, combien de spectateurs vont cliquer sur « j’aime » ? Dès qu’on répète une épreuve qui ne peut que réussir ou échouer, le schéma de Bernoulli et la loi binomiale permettent de prévoir ce qui va se passer. On commence par les outils de base - loi de probabilité, espérance, variance, écart-type - puis on les applique à ce modèle central de l’industrie et du contrôle qualité.
Mes objectifs
À la fin de ce chapitre, je sais :
décrire la loi de probabilité d’une variable aléatoire et vérifier que la somme des probabilités vaut 1 ;
calculer l’espéranceE(X), la varianceV(X) et l’écart-typeσ(X) ;
reconnaître un schéma de Bernoulli (répétition d’épreuves à deux issues, indépendantes, de même probabilité) ;
utiliser les coefficients binomiaux et la loi binomiale pour calculer P(X=k) ;
utiliser que l’espérance d’une loi binomiale vaut E(X)=np.
À quoi ça sert ?
En STI2D, tu testes sans arrêt des objets qui sont soit conformes, soit défectueux : une diode, une carte, une soudure, une pièce usinée. La loi binomiale répond à des questions très concrètes : « quelle est la probabilité d’avoir au moins un défaut dans un lot ? », « combien de défauts dois-je m’attendre à trouver en moyenne ? », « combien de pièces dois-je tester pour être quasi sûr de repérer un défaut ? ». C’est exactement le raisonnement d’un plan de contrôle qualité. Et ça marche aussi pour compter les « j’aime » sur une vidéo ou les parties gagnées à un mini-jeu : même hasard, même outil.
1. Variable aléatoire et loi de probabilité
Variable aléatoire
On répète une expérience aléatoire. Une variable aléatoireX est une règle qui associe à chaque issue de l’expérience un nombre réel (un gain, un nombre de défauts, une tension mesurée…).
L’ensemble des valeurs prises par X se note {x1;x2;…;xn}.
Loi de probabilité
La loi de probabilité de X associe à chaque valeur xi la probabilité pi=P(X=xi). On la présente dans un tableau :
xi
x1
x2
…
xn
P(X=xi)
p1
p2
…
pn
Chaque probabilité vérifie 0⩽pi⩽1.
La somme des probabilités vaut 1
Pour toute loi de probabilité, la somme de toutes les probabilités est égale à 1 :
p1+p2+⋯+pn=∑i=1nP(X=xi)=1
Cette égalité sert à vérifier un tableau ou à retrouver une probabilité manquante.
2. Espérance, variance, écart-type
Espérance
L’espérance de X est le nombre :
E(X)=∑i=1nxiP(X=xi)=x1p1+x2p2+⋯+xnpn
C’est la valeur moyenne de X que l’on obtiendrait en répétant l’expérience un très grand nombre de fois.
Variance et écart-type
La variance de X mesure la dispersion des valeurs autour de l’espérance :
V(X)=∑i=1n(xi−E(X))2P(X=xi)
En pratique, on utilise plutôt la formule de König-Huygens, souvent plus rapide :
V(X)=E(X2)−(E(X))2avec E(X2)=∑i=1nxi2P(X=xi)
L’écart-type est la racine carrée de la variance :
σ(X)=V(X)
Contrairement à la variance, l’écart-type s’exprime dans la même unité que X, il se lit donc plus facilement.
Calculer E(X), V(X) et σ(X)
Dresser le tableau de la loi de probabilité et vérifier que ∑P(X=xi)=1.
Calculer l’espérance E(X)=∑xiP(X=xi).
Calculer E(X2)=∑xi2P(X=xi).
En déduire la variance V(X)=E(X2)−(E(X))2, puis l’écart-type σ(X)=V(X).
Nombre de pixels morts sur un écran de smartphone
Un test renvoie le nombre X de pixels morts détectés sur un écran neuf. La loi de X est :
xi
0
1
2
3
P(X=xi)
0,1
0,2
0,4
0,3
Vérification : 0,1+0,2+0,4+0,3=1. Le tableau est correct.
En moyenne, on s’attend à 1,9 pixel mort par écran.
Variance (König-Huygens) : on calcule d’abord
E(X2)=02×0,1+12×0,2+22×0,4+32×0,3=0+0,2+1,6+2,7=4,5,
puis
V(X)=E(X2)−(E(X))2=4,5−1,92=4,5−3,61=0,89.
Écart-type : σ(X)=0,89≈0,94 pixel.
3. Schéma de Bernoulli
Épreuve de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire qui ne possède que deux issues :
le succès, de probabilité p ;
l’échec, de probabilité 1−p.
On choisit librement quel résultat on appelle « succès » : par exemple, « le composant est défectueux » peut être le succès si c’est l’événement que l’on veut compter.
Schéma de Bernoulli
Un schéma de Bernoulli de paramètres n et p est la répétition de n épreuves de Bernoulli identiques vérifiant deux conditions :
les épreuves sont indépendantes (un résultat n’influence pas les suivants) ;
la probabilité de succès p est la même à chaque épreuve.
Tester un à un n composants d’un même lot, en notant pour chacun « défectueux » ou « conforme », constitue un schéma de Bernoulli.
Reconnaître un schéma de Bernoulli
Pour affirmer qu’une situation est un schéma de Bernoulli, on vérifie les quatre points :
on répète la même épreuve ;
chaque épreuve a exactement deux issues (succès / échec) ;
les épreuves sont indépendantes ;
la probabilité de succès p est constante d’une épreuve à l’autre.
Si l’un de ces points est faux (par exemple un tirage sans remise, où p change), ce n’est pas un schéma de Bernoulli.
4. Coefficients binomiaux
Coefficient binomial
Dans un schéma de n épreuves, le coefficient binomial(kn) (lu « k parmi n ») compte le nombre de façons d’obtenir k succès parmi les n épreuves, sans tenir compte de leur ordre.
On le lit à la calculatrice (touche (kn) ou nCr) ou dans le triangle de Pascal.
Quelques valeurs et le triangle de Pascal
Pour tout entier n :
(0n)=1,(nn)=1,(1n)=n.
Le triangle de Pascal donne tous les coefficients de proche en proche (chaque nombre est la somme des deux situés juste au-dessus). Par exemple, pour n=5 :
On considère un schéma de Bernoulli de paramètres n et p. La variable aléatoire X qui compte le nombre de succès sur les n épreuves suit la loi binomiale de paramètres n et p.
On note : X suit la loi B(n;p). La variable X peut prendre toutes les valeurs entières de 0 à n.
Probabilité d'obtenir exactement k succès
Si X suit la loi binomiale B(n;p), alors pour tout entier k compris entre 0 et n :
P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k.
(kn) : nombre de façons de placer les k succès ;
pk : probabilité des k succès ;
(1−p)n−k : probabilité des n−k échecs.
Espérance, variance et écart-type d'une loi binomiale
Si X suit la loi binomiale B(n;p), alors :
E(X)=np,V(X)=np(1−p),σ(X)=np(1−p).
L’espérance E(X)=np donne le nombre moyen de succès attendu. C’est la formule la plus utilisée : inutile de refaire la somme ∑xiP(X=xi) pour une loi binomiale.
Probabilité d'au moins un succès
La probabilité d’avoir « au moins un » succès se calcule presque toujours par l’événement contraireA (« aucun succès »), bien plus rapide :
P(X⩾1)=1−P(X=0)=1−(1−p)n.
En effet, A correspond à k=0 succès, donc P(X=0)=(0n)p0(1−p)n=(1−p)n.
Composants défectueux dans un lot de 4
Sur une chaîne, chaque composant a une probabilité p=0,1 d’être défectueux, indépendamment des autres. On prélève n=4 composants ; X compte le nombre de défectueux, donc X suit la loi B(4;0,1).
Nombre moyen de défectueux : E(X)=np=4×0,1=0,4 composant.
Écart-type : σ(X)=4×0,1×0,9=0,36=0,6.
Les pièges classiques
Confondre E(X2) et (E(X))2. C’est faux d’écrire V(X)=E(X)2−… avec l’espérance déjà élevée au carré. Le vrai calcul utilise E(X2)=∑xi2P(X=xi), où l’on élève chaque valeurxi au carré avant de pondérer.
Oublier le coefficient binomial. Écrire P(X=k)=pk(1−p)n−k est faux : il manque (kn), qui compte les différentes positions possibles des succès. Le vrai résultat est P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k.
Se tromper d’exposant. Dans (1−p)n−k, l’exposant est le nombre d’échecsn−k, pas n.
Calculer « au moins un » à la main, terme par terme. C’est long et source d’erreurs : on passe toujours par le contraire P(X⩾1)=1−(1−p)n.
Recalculer E(X) par la grande somme alors que pour une loi binomiale il suffit d’écrire E(X)=np.
Le bon réflexe
Avant tout calcul, pose-toi trois questions : Combien d’épreuves (n) ? Quelle probabilité de succès (p) ? Que compte ma variable X (un succès = quel événement) ? Une fois n, p et « succès » fixés, la formule P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k se remplit toute seule.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Un schéma de Bernoulli est la répétition d'une même expérience qui n'a que deux issues, le succès et l'échec, un nombre n de fois, de façon indépendante et avec la même probabilité de succès p à chaque répétition. Tester un à un des composants en notant simplement défectueux ou conforme est un schéma de Bernoulli.
Comment calculer une probabilité avec la loi binomiale ?
Si X compte le nombre de succès dans un schéma de Bernoulli de paramètres n et p, alors la probabilité d'obtenir exactement k succès vaut le coefficient binomial k parmi n, multiplié par p à la puissance k, multiplié par un moins p à la puissance n moins k. On calcule le coefficient binomial à la calculatrice ou avec le triangle de Pascal.
Que vaut l'espérance d'une loi binomiale ?
Pour une loi binomiale de paramètres n et p, l'espérance vaut n multiplié par p. Elle donne le nombre moyen de succès attendu sur les n répétitions. Par exemple, sur 20 composants ayant chacun 5 pour cent de risque d'être défectueux, on attend en moyenne 20 multiplié par 0,05, soit 1 composant défectueux.