En STI2D, on a sans arrêt besoin de réévaluer une probabilité quand une information arrive : quel est le taux de défaut sachant qu’une pièce sort de l’atelier 1 ? Un capteur tombe-t-il plus souvent en panne quand il y a une surtension ? Les probabilités conditionnelles répondent exactement à ce type de question, et l’arbre pondéré en est la traduction visuelle, idéale pour les contrôles qualité et les diagnostics de défaillance.
Mes objectifs
À la fin de ce chapitre, je sais :
- calculer une probabilité conditionnelle PA(B) et l’interpréter ;
- construire et lire un arbre pondéré (multiplier le long d’une branche) ;
- appliquer la formule des probabilités totales pour un taux global ;
- tester l’indépendance de deux événements.
À quoi ça sert ?
Imagine une chaîne de production de capteurs. On te dit que 3% des pièces sont défectueuses. Mais ce chiffre global cache deux ateliers très différents : l’un très fiable, l’autre moins. Les probabilités conditionnelles te permettent de séparer les cas (PA(B) = « défectueux sachant atelier 1 ») puis de recombiner le tout pour piloter la qualité. C’est aussi le cœur des tests de défaillance : quand un appareil signale un composant « défectueux », quelle est la probabilité qu’il le soit vraiment ? Tu vas voir que la réponse est souvent surprenante.
Probabilité conditionnelle
Soit A et B deux événements, avec P(A)=0. La probabilité de B sachant A est :
PA(B)=P(A)P(A∩B)
Elle mesure la probabilité que B se réalise lorsqu’on sait déjà que A est réalisé.
Règles de l'arbre pondéré
Sur un arbre pondéré :
- on multiplie les probabilités rencontrées le long d’une même branche pour obtenir la probabilité du chemin ;
- la somme des probabilités des branches issues d’un même nœud est égale à 1.
Ainsi, sachant A, on a toujours PA(B)+PA(B)=1.
Un arbre de contrôle qualité
Une usine possède deux ateliers. Une pièce vient de l’atelier 1 (événement A1) avec P(A1)=0,6, sinon de l’atelier 2 (événement A2) avec P(A2)=0,4. Sachant qu’elle vient de l’atelier 1, elle est défectueuse (événement D) avec PA1(D)=0,02 ; sachant qu’elle vient de l’atelier 2, PA2(D)=0,05.
Le chemin « atelier 1 puis défectueuse » a pour probabilité, en multipliant le long de la branche :
P(A1∩D)=P(A1)×PA1(D)=0,6×0,02=0,012.
Calculer un taux global avec les probabilités totales
On cherche la probabilité d’un événement D (par exemple « pièce défectueuse ») qui peut survenir dans plusieurs cas.
- Construire l’arbre : premier niveau pour la cause (A et A), second niveau pour D et D.
- Repérer tous les chemins qui mènent à D.
- Pour chaque chemin, multiplier les probabilités de la branche.
- Additionner les probabilités de ces chemins.
Exemple (suite de l’arbre ci-dessus) : P(D)=0,6×0,02+0,4×0,05=0,012+0,020=0,032, soit un taux de défaut global de 3,2%.
Événements indépendants
Deux événements A et B sont indépendants lorsque :
P(A∩B)=P(A)×P(B)
Cela signifie que la réalisation de A ne modifie pas la probabilité de B : lorsque P(A)=0, on a alors PA(B)=P(B).
Tester l'indépendance de deux événements
- Calculer le produit P(A)×P(B).
- Déterminer P(A∩B) (donné, lu sur un tableau ou un arbre).
- Comparer les deux résultats : s’ils sont égaux, A et B sont indépendants ; sinon, ils ne le sont pas.
Le piège : confondre indépendant et incompatible
FAUX : « Une surtension et la panne du capteur ne peuvent pas arriver en même temps, donc ils sont indépendants. »
VRAI : ne jamais confondre indépendant et incompatible.
- Deux événements sont incompatibles quand A∩B=∅ : ils ne peuvent pas se produire ensemble.
- Deux événements sont indépendants quand P(A∩B)=P(A)×P(B) : l’un n’influence pas l’autre.
Au contraire, deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants : si A est réalisé, alors B est impossible, donc savoir que A se produit change radicalement la probabilité de B.
Le piège : confondre les deux sens du conditionnement
FAUX : écrire PA(B)=PB(A).
VRAI : en général PA(B)=PB(A), car on ne divise pas par la même chose :
PA(B)=P(A)P(A∩B)tandis quePB(A)=P(B)P(A∩B).
Dans un test de défaillance, « défectueux sachant que l’appareil l’a signalé » n’est pas du tout la même chose que « signalé sachant qu’il est défectueux ». Confondre les deux est l’erreur classique du diagnostic.
Le réflexe arbre
Devant un énoncé à deux étapes (cause puis résultat, contrôle puis verdict), dessine toujours l’arbre avant de calculer :
- le long d’une branche, on multiplie ;
- plusieurs chemins vers le même résultat, on additionne ;
- les branches d’un même nœud font somme 1, ce qui permet de retrouver une probabilité manquante par soustraction.