Quelle quantité produire pour gagner le plus d’argent ? À partir de combien d’articles vendus un atelier devient-il rentable ? Beaucoup de modèles économiques se décrivent par une fonction polynôme de degré 3. Pour les exploiter, on calcule leur dérivée, on étudie son signe, puis on dresse un tableau de variations qui révèle les sommets et les creux de la courbe : les fameux extremums.
Ce que tu sauras faire
- Je sais reconnaître la fonction cube et une fonction polynôme de degré 3.
- Je sais dériver un polynôme de degré au plus 3, terme par terme.
- Je sais étudier le signe d’une dérivée factorisée (du second degré).
- Je sais dresser le tableau de variations d’une fonction de degré 3.
- Je sais repérer un maximum ou un minimum local et l’interpréter dans un contexte métier.
À quoi ça sert dans ton futur métier ?
Tu gères la production d’un atelier, d’un food-truck ou d’une petite boutique. Ton bénéfice dépend du nombre d’articles que tu fabriques : trop peu, tu ne couvres pas tes frais ; trop, et le coût grimpe plus vite que les ventes. Entre les deux, il existe un niveau de production idéal. Le tableau de variations d’une fonction de degré 3 te permet de trouver ce point optimal au lieu de tâtonner. C’est exactement ce que fait un tableur de gestion quand il cherche le meilleur scénario.
La fonction cube
La fonction cube est la fonction définie pour tout nombre x par :
f(x)=x3.
C’est le bloc de base des polynômes de degré 3. Elle est croissante sur tout son ensemble de définition : plus x augmente, plus x3 augmente. Par exemple 23=8 et 33=27.
Fonction polynôme de degré 3
Une fonction polynôme de degré 3 s’écrit, pour tout x :
f(x)=ax3+bx2+cx+d,
où a, b, c et d sont des nombres fixés, avec a=0 (le coefficient devant x3 ne doit pas être nul, sinon le degré serait plus petit).
Par exemple, f(x)=x3−6x2+9x est un polynôme de degré 3 (ici a=1, b=−6, c=9 et d=0).
Calculer une dérivée
Soit f(x)=x3−6x2+9x. On dérive terme par terme :
- la dérivée de x3 est 3x2 ;
- la dérivée de −6x2 est −6×2x=−12x ;
- la dérivée de 9x est 9.
On obtient donc :
f′(x)=3x2−12x+9.
Le lien entre le signe de la dérivée et les variations
La dérivée f′ indique le sens de variation de f :
- là où f′(x)>0, la fonction f est croissante (la courbe monte) ;
- là où f′(x)<0, la fonction f est décroissante (la courbe descend) ;
- là où f′(x)=0 en changeant de signe, la fonction présente un extremum local (un sommet ou un creux).
Pour un polynôme de degré 3, la dérivée est du second degré : son signe est donc gouverné par ses racines.
Étudier le signe d'une dérivée factorisée
La dérivée d’un polynôme de degré 3 est un trinôme du second degré, souvent donné factorisé sous la forme f′(x)=a(x−x1)(x−x2).
- Repérer les deux racines x1 et x2 (les valeurs qui annulent chaque facteur).
- Les placer dans l’ordre croissant sur une droite, ce qui découpe trois zones.
- Déterminer le signe :
- si a>0, le trinôme est positif à l’extérieur des racines, négatif entre elles ;
- si a<0, c’est l’inverse : négatif à l’extérieur, positif entre les racines.
Exemple : f′(x)=3(x−1)(x−3). Les racines sont 1 et 3, et a=3>0 : f′ est positive sur ]−∞;1[, négative sur ]1;3[, positive sur ]3;+∞[.
Extremum local : maximum et minimum
Un extremum local est une valeur où la fonction change de sens de variation :
- un maximum local quand f passe de croissante à décroissante (un sommet : la dérivée passe de + à −) ;
- un minimum local quand f passe de décroissante à croissante (un creux : la dérivée passe de − à +).
Le mot « local » signifie « dans le voisinage » : c’est le plus haut (ou le plus bas) par rapport aux points voisins, pas forcément sur tout le domaine.
Dresser le tableau de variations
Pour dresser le tableau de variations d’une fonction polynôme de degré 3 sur un intervalle :
- Calculer la dérivée f′(x) terme par terme.
- Factoriser f′(x) (ou utiliser sa forme déjà factorisée) et trouver ses racines.
- Étudier le signe de f′(x) sur l’intervalle (ligne du signe de f′).
- En déduire les variations de f (flèche montante quand f′>0, flèche descendante quand f′<0).
- Calculer les valeurs de f aux bornes et aux racines de f′, et les inscrire au bout des flèches.
- Identifier les extremums : sommet (maximum) ou creux (minimum).
Un tableau de variations complet
Soit f(x)=x3−6x2+9x étudiée sur l’intervalle [0;4].
On a f′(x)=3x2−12x+9=3(x−1)(x−3), donc f′ s’annule en 1 et en 3. Avec a=3>0, f′ est positive à l’extérieur de [1;3] et négative entre.
On calcule : f(0)=0, f(1)=1−6+9=4, f(3)=27−54+27=0 et f(4)=64−96+36=4.
| x | 0 | | 1 | | 3 | | 4 |
|---|
| signe de f′(x) | | + | 0 | − | 0 | + | |
| variations de f | 0 | ↗ | 4 | ↘ | 0 | ↗ | 4 |
La fonction présente un maximum local en x=1 (où f=4) et un minimum local en x=3 (où f=0).
Les pièges à éviter
- Se tromper en dérivant le terme en x3.
La dérivée de x3 est x2. C’est FAUX : on multiplie par l’exposant. Le VRAI résultat est (x3)′=3x2.
- Oublier que la dérivée d’un nombre est nulle.
La dérivée de f(x)=x3−18 est 3x2−18. FAUX : la dérivée de la constante −18 vaut 0. Le VRAI résultat est f′(x)=3x2.
- Confondre maximum et minimum. Quand la dérivée passe de + à −, c’est un maximum (la courbe monte puis descend). Quand elle passe de − à +, c’est un minimum.
- Lire l’extremum sur le signe au lieu de la valeur. Le tableau dit où se trouve l’extremum (l’abscisse x), mais sa valeur est f(x), qu’il faut calculer en remplaçant dans la fonction de départ.
Le mémo de la dérivation
Une seule règle à retenir pour chaque terme : « je descends l’exposant devant, puis je l’abaisse de 1 ». Ainsi x3 donne 3x2, et x2 donne 2x. Et pour les variations : dérivée positive, la courbe monte ; dérivée négative, la courbe descend.