Dans une boutique, un client peut commander en ligne ou en magasin, puis être satisfait ou non. Une pièce livrée à un atelier peut venir d’un fournisseur ou d’un autre, et être conforme ou défectueuse. Pour démêler ces situations à plusieurs étapes, on dispose d’un outil très visuel : l’arbre pondéré. Couplé à la formule des probabilités totales, il permet de calculer la probabilité d’un événement même quand plusieurs chemins y conduisent.
Ce que tu sauras faire
- Je sais construire un arbre pondéré à deux niveaux à partir de pourcentages.
- Je sais calculer la probabilité d’un chemin en multipliant les branches.
- Je sais utiliser la formule des probabilités totales pour additionner plusieurs chemins.
- Je sais reconnaître une probabilité conditionnelle et la calculer.
- Je sais vérifier si deux événements sont indépendants.
À quoi ça sert dans ton futur métier ?
Tu travailles dans une boutique ou un service commercial. Ton responsable veut savoir : « Sur l’ensemble de nos ventes, quelle est la part de produits retournés ? » Le taux de retour n’est pas le même en ligne qu’en magasin, et tu ne vends pas autant par chaque canal. L’arbre pondéré te permet de combiner ces taux pour répondre, sans te tromper. C’est exactement ce que font les tableaux de pilotage d’un commerce.
Probabilité conditionnelle
La probabilité conditionnelle de l’événement B sachant que l’événement A est réalisé se note PA(B). C’est la probabilité que B se produise quand on sait déjà que A est vrai.
Par exemple, PA(B) peut se lire « probabilité d’être satisfait sachant que la commande a été passée en ligne ».
Arbre pondéré
Un arbre pondéré représente une expérience qui se déroule en plusieurs étapes. Chaque branche porte une probabilité.
- Au premier niveau, les branches partent de la racine : elles portent les probabilités des événements A et A.
- Au deuxième niveau, les branches portent des probabilités conditionnelles : par exemple PA(B) part de A.
À chaque embranchement, la somme des probabilités des branches vaut 1. C’est le premier réflexe de vérification.
Règles de lecture d'un arbre
- Somme des branches : à partir d’un même nœud, les probabilités des branches s’additionnent à 1. Ainsi P(A)+P(A)=1 et PA(B)+PA(B)=1.
- Probabilité d’un chemin : la probabilité d’un chemin complet (de la racine à une extrémité) est le produit des probabilités rencontrées le long de ce chemin.
Lire un chemin sur un arbre
Une boutique reçoit 65% de ses commandes en ligne. Parmi les commandes en ligne, 80% des clients sont satisfaits.
On note L l’événement « commander en ligne » et S « être satisfait ». Alors P(L)=0,65 et PL(S)=0,80.
La probabilité qu’un client commande en ligne et soit satisfait est le produit le long du chemin :
P(L∩S)=P(L)×PL(S)=0,65×0,80=0,52.
Soit 52% des clients.
Calculer une probabilité totale
- Construire (ou lire) l’arbre et repérer tous les chemins qui aboutissent à l’événement cherché B.
- Pour chaque chemin, multiplier les probabilités des branches.
- Additionner les probabilités obtenues.
- Vérifier que le résultat est bien compris entre 0 et 1.
Exemple : retour produit. En ligne P(L)=0,65 avec PL(R)=0,12 ; en magasin P(M)=0,35 avec PM(R)=0,04.
P(R)=0,65×0,12+0,35×0,04=0,078+0,014=0,092.
Soit 9,2% de retours sur l’ensemble des ventes.
Indépendance de deux événements
Deux événements A et B sont indépendants quand la réalisation de l’un ne modifie pas la probabilité de l’autre. On le vérifie avec l’égalité :
P(A∩B)=P(A)×P(B)
- Si cette égalité est vraie, alors A et B sont indépendants.
- Si elle est fausse, alors A et B ne sont pas indépendants.
Tester l'indépendance de deux événements
- Calculer le produit P(A)×P(B).
- Lire ou calculer P(A∩B) (la probabilité que les deux se produisent ensemble).
- Comparer ces deux nombres :
- s’ils sont égaux, les événements sont indépendants ;
- s’ils sont différents, les événements ne sont pas indépendants.
Conclure par une phrase claire en revenant au contexte.
Probabilité conditionnelle à partir d'un chemin
À partir de la probabilité d’un chemin, on peut remonter vers une probabilité conditionnelle :
PA(B)=P(A)P(A∩B)
C’est utile pour répondre à une question du type « sachant que la pièce est défectueuse, quelle est la probabilité qu’elle vienne du fournisseur A ? ».
Les pièges à éviter
- Additionner les branches d’un même chemin. C’est faux : le long d’un chemin on multiplie.
P(L∩S)=0,65+0,80. En réalité P(L∩S)=0,65×0,80=0,52.
- Confondre PA(B) et P(A∩B). PA(B) est une probabilité conditionnelle (lue sur une branche de deuxième niveau, le « parmi… »). P(A∩B) est la probabilité du chemin complet depuis la racine. Le VRAI lien est P(A∩B)=P(A)×PA(B).
- Oublier un chemin dans les probabilités totales. Pour P(B), il faut additionner tous les chemins qui mènent à B, donc ici celui qui passe par A et celui qui passe par A.
- Conclure l’indépendance « au feeling ». Il faut comparer deux nombres : P(A∩B) d’un côté, P(A)×P(B) de l’autre. Une impression ne suffit pas.
Le mémo des deux opérations
Une seule phrase à retenir : le long d’un chemin, je multiplie ; entre plusieurs chemins, j’additionne. Et à chaque nœud, la somme des branches doit faire 1 : si ce n’est pas le cas, il y a une erreur de lecture.