En Première STI2D, tu as appris à remonter une dérivée avec les primitives. Le calcul intégral est l’étape suivante : il permet de cumuler une grandeur mesurée à chaque instant. Connaissant la puissance reçue par un panneau, on en déduit l’énergie ; connaissant le courant qui charge un condensateur, on en déduit la charge. Et géométriquement, une intégrale, c’est tout simplement une aire sous une courbe.
Ce que tu sauras faire
- Je sais interpréter l’intégrale d’une fonction positive comme une aire en unités d’aire.
- Je sais calculer une intégrale avec une primitive : ∫abf(x)dx=F(b)−F(a).
- Je sais utiliser la linéarité et la relation de Chasles pour découper ou simplifier un calcul.
- Je sais calculer la valeur moyenne d’une fonction sur un intervalle.
- Je sais estimer graphiquement une aire par la méthode des rectangles.
À quoi ça sert, concrètement ?
Imagine un panneau solaire. À chaque instant, il fournit une certaine puissance P(t) (en kW). Mais ce qui t’intéresse à la fin de la journée, c’est l’énergie produite (en kWh) : il faut additionner toutes les petites contributions, instant après instant. C’est exactement ce que fait l’intégrale.
Même chose pour la charge d’un condensateur à partir du courant i(t), le volume d’eau transvasé à partir d’un débit, ou la distance parcourue à partir d’une vitesse. À chaque fois, la grandeur cumulée est l’aire sous la courbe de la grandeur instantanée. L’intégrale est l’outil qui calcule cette aire exactement.
Intégrale d'une fonction continue positive (aire)
Soit f une fonction continue et positive sur un intervalle [a;b], de courbe Cf.
L’intégrale de f entre a et b, notée
∫abf(x)dx,
est l’aire, exprimée en unités d’aire, du domaine compris entre la courbe Cf, l’axe des abscisses, et les deux droites verticales d’équations x=a et x=b.
Les nombres a et b sont les bornes de l’intégrale (a borne du bas, b borne du haut). La lettre x est une variable muette : on peut l’appeler t sans rien changer.
Lire une aire simple
Pour f(x)=3x sur [0;2], la courbe est une droite. Le domaine sous la courbe est un triangle rectangle de base 2 et de hauteur f(2)=6. Son aire vaut :
∫023xdx=2base×hauteur=22×6=6 uniteˊs d’aire.
Cette aire « à la main » nous servira plus loin à vérifier le calcul par primitive.
Calculer une intégrale avec une primitive
- Vérifier que f est continue sur [a;b] et repérer les bornes.
- Chercher une primitive F de f (la plus simple, sans la constante).
- Écrire les crochets : [F(x)]ab.
- Calculer F(b)−F(a) en remplaçant, sans oublier le signe moins devant F(a).
Exemple : ∫023xdx. Une primitive de 3x est F(x)=23x2, donc
∫023xdx=[23x2]02=23×22−23×02=6−0=6.
On retrouve bien l’aire du triangle calculée plus haut : les deux méthodes concordent.
Linéarité de l'intégrale
Pour deux fonctions continues f et g sur [a;b] et deux réels k et λ :
∫ab(kf(x)+λg(x))dx=k∫abf(x)dx+λ∫abg(x)dx.
Concrètement : on peut sortir les coefficients et séparer les sommes. C’est ce qui permet d’intégrer un polynôme terme par terme.
Relation de Chasles
Pour une fonction continue f et trois réels a, b, c de l’intervalle :
∫abf(x)dx=∫acf(x)dx+∫cbf(x)dx.
Autrement dit, on peut découper un intervalle en deux et additionner les deux aires. C’est très utile quand la fonction change d’expression au point c (fonction définie par morceaux), par exemple une puissance qui monte puis descend.
Valeur moyenne d'une fonction
Soit f continue sur [a;b] avec a=b. La valeur moyenne de f sur [a;b] est le nombre :
m=b−a1∫abf(x)dx.
C’est la hauteur du rectangle de base [a;b] qui aurait la même aire que le domaine sous la courbe. En technologie, c’est la valeur moyenne d’une tension, d’une puissance ou d’une intensité sur une période.
Une valeur moyenne
La valeur moyenne de f(x)=3x sur [0;2] vaut :
m=2−01∫023xdx=21×6=3.
Le rectangle de base 2 et de hauteur 3 a bien une aire de 6, identique à celle sous la droite : c’est cohérent.
Estimer une aire par la méthode des rectangles
Quand on ne connaît qu’une courbe ou un tableau de valeurs (et pas la formule de f), on encadre ou on approche l’aire par des rectangles de même largeur.
- Choisir une largeur de rectangle h (le pas entre deux mesures).
- Rectangles de gauche : sur chaque tranche, prendre la hauteur égale à la valeur au bord gauche.
- Rectangles de droite : prendre la hauteur égale à la valeur au bord droit.
- Aire d’un rectangle = largeur × hauteur ; on additionne tous les rectangles.
Si la fonction est croissante, les rectangles de gauche sous-estiment l’aire et ceux de droite la surestiment : la vraie aire est entre les deux. Une bonne estimation est souvent leur moyenne.
Les pièges à éviter
- Oublier le signe moins devant F(a). On écrit parfois, à tort, ∫abf=F(b)+F(a). C’est faux : la formule est ∫abf(x)dx=F(b)−F(a), avec une soustraction.
- Confondre primitive et intégrale. Une primitive est une fonction (définie à une constante près) ; une intégrale ∫abf est un nombre (une aire). Ne mets pas de bornes sur une primitive, ni de +C sur le résultat d’une intégrale.
- Oublier de diviser pour la valeur moyenne. La valeur moyenne n’est pas l’intégrale toute seule : il faut diviser par b−a. Écrire m=∫abf au lieu de m=b−a1∫abf donne un résultat faux (souvent un nombre bien trop grand).
- Mélanger les unités de l’aire. Si t est en heures et P en kW, l’intégrale ∫Pdt est en kWh, pas en kW : l’unité de l’aire est le produit des unités des deux axes.
Le réflexe vérification
Après un calcul d’intégrale, demande-toi toujours : « Est-ce une aire ? » Si la fonction est positive sur l’intervalle, le résultat doit être positif. Un résultat négatif est le signe d’une erreur (souvent le signe moins mal placé ou les bornes inversées). Et un ordre de grandeur se vérifie vite avec un rectangle approché : hauteur moyenne × largeur de l’intervalle.