Cours de Terminale STI2D sur les nombres complexes : forme algebrique, module, argument, forme exponentielle, produit et quotient. Applications aux signaux et aux impedances. Exercices corriges.
8 exercices corrigés · Terminale STI2D - mathématiques · Mis à jour en juin 2026
En électricité, comment décrire d’un seul coup l’amplitude et le déphasage d’un signal sinusoïdal, ou l’opposition qu’un circuit oppose au passage du courant alternatif ? La réponse tient dans un nouvel objet : le nombre complexe. Un complexe regroupe deux informations (une partie réelle et une partie imaginaire) en un seul nombre, sur lequel on peut calculer. C’est l’outil de base pour les signaux et les impédances.
Ce que tu sauras faire
Je sais reconnaître la forme algébriquez=a+ib et en donner la partie réelle et la partie imaginaire.
Je sais calculer une somme, un produit et un conjugué de nombres complexes.
Je sais placer un complexe dans le plan et calculer son module et son argument.
Je sais passer de la forme algébrique à la forme exponentiellez=reiθ et l’inverse.
Je sais utiliser un complexe pour décrire un signal (amplitude, phase) ou une impédance (impédance, déphasage).
À quoi ça sert vraiment ?
Quand tu branches une bobine ou un condensateur sur du courant alternatif, la tension et le courant ne sont plus « en phase » : il y a un décalage. Décrire ce décalage avec des fonctions sinus, c’est lourd. Avec un complexe, c’est immédiat : le module te donne l’amplitude (ou l’impédance en ohms) et l’argument te donne le déphasage en radians. Toute l’électronique du son, de la radio et des capteurs repose là-dessus. Même un égaliseur audio ou un filtre dans ton appli de musique, au fond, c’est du calcul sur des complexes.
1. Forme algébrique
Nombre complexe, forme algébrique
On introduit un nombre imaginaire noté i qui vérifie :
i2=−1.
Un nombre complexez s’écrit alors, de façon unique, sous sa forme algébrique :
z=a+ib,
où a et b sont deux nombres réels.
a est la partie réelle de z, notée Re(z) ;
b est la partie imaginaire de z, notée Im(z) (attention : b est un réel, pas ib).
L’ensemble des nombres complexes se note C.
Lire une forme algébrique
Pour z=3+2i : Re(z)=3 et Im(z)=2.
Pour z=−5i : Re(z)=0 et Im(z)=−5 (on dit que z est un imaginaire pur).
Pour z=7 : Re(z)=7 et Im(z)=0 (z est un réel, les réels sont des complexes particuliers).
Somme et produit (forme algébrique)
On calcule avec les complexes comme avec une expression algébrique en i, en remplaçant à la fini2 par −1.
Pour z=a+ib et z′=a′+ib′ :
z+z′=(a+a′)+i(b+b′),z×z′=(aa′−bb′)+i(ab′+a′b).
En pratique, il vaut mieux retrouver le produit en développant plutôt que d’apprendre la formule par cœur.
Un produit développé pas à pas
Calculons (3+2i)(1−4i) :
(3+2i)(1−4i)=3×1+3×(−4i)+2i×1+2i×(−4i).=3−12i+2i−8i2.
Or i2=−1, donc −8i2=+8 :
=(3+8)+(−12+2)i=11−10i.
2. Conjugué
Conjugué d'un nombre complexe
Le conjugué du complexe z=a+ib est le complexe noté z obtenu en changeant le signe de la partie imaginaire :
z=a−ib.
Géométriquement, z est le symétrique de z par rapport à l’axe des réels.
La propriété qui sert tout le temps
Le produit d’un complexe par son conjugué est un nombre réel positif :
z×z=(a+ib)(a−ib)=a2+b2.
C’est ce résultat qui permet de rendre réel un dénominateur : pour calculer un quotient sous forme algébrique, on multiplie le haut et le bas par le conjugué du dénominateur.
Quotient : on multiplie par le conjugué
Mettons 3+i2+i sous forme algébrique. Le conjugué du dénominateur est 3−i :
3+i2+i=(3+i)(3−i)(2+i)(3−i)=32+126−2i+3i−i2=106+1+i=107+i.
Soit 107+101i.
3. Module et argument
Affixe, module et argument
Dans un repère orthonormé, on associe au complexe z=a+ib le pointM de coordonnées (a;b). On dit que z est l’affixe de M.
Le module de z est la distance OM :
∣z∣=a2+b2.
L’argument de z (pour z=0) est une mesure, en radians, de l’angle entre l’axe des réels et la demi-droite [OM). On le note arg(z)=θ, et il vérifie :
cosθ=∣z∣aetsinθ=∣z∣b.
Calculer le module et l'argument de $z = a + ib$
Calculer le moduler=∣z∣=a2+b2.
Calculer cosθ=ra et sinθ=rb.
Reconnaître l’angle θ grâce aux valeurs remarquables, en s’aidant des signes de a et b pour savoir dans quel quart de plan on se trouve.
Argument :cosθ=2−1 et sinθ=23. Le cosinus est négatif et le sinus positif : le point est dans le quart en haut à gauche. L’angle qui convient est θ=32π.
Le piège de l'argument
On ne trouve pas l’argument avec une seule ligne de calculatrice.
FAUX : « arg(−1+i3)=arctan(−13)=arctan(−3)=−3π, donc l’argument vaut −3π. »
VRAI : la touche arctan renvoie toujours un angle entre −2π et 2π, donc côté droit du plan. Ici le point (−1;3) est à gauche : il faut tenir compte du signe de la partie réelle. Le bon argument est θ=32π (et non −3π). Vérifie toujours avec les signes de a et de b.
4. Forme trigonométrique et forme exponentielle
Forme trigonométrique
Tout complexe non nul z de module r=∣z∣ et d’argument θ s’écrit :
z=r(cosθ+isinθ).
On retrouve la forme algébrique en posant a=rcosθ et b=rsinθ.
Forme exponentielle
On note, pour tout réel θ :
eiθ=cosθ+isinθ.
Tout complexe non nul de module r et d’argument θ s’écrit alors sous forme exponentielle :
z=reiθ,avec r=∣z∣>0 et θ=arg(z).
C’est la forme la plus pratique pour multiplier, diviser et décrire des signaux.
Passer de la forme algébrique à la forme exponentielle
Pour écrire z=a+ib sous la forme reiθ :
Calculer le module r=a2+b2.
Déterminer l’argument θ avec cosθ=ra et sinθ=rb (en surveillant les signes).
Écrire z=reiθ.
Forme exponentielle de $z = 1 + i$
Module :r=12+12=2.
Argument :cosθ=21=22 et sinθ=22, tous deux positifs, donc θ=4π.
Conclusion :z=2ei4π.
5. Produit et quotient en forme exponentielle
La règle clé : on multiplie les modules, on additionne les arguments
Pour z=reiθ et z′=r′eiθ′ (avec r>0 et r′>0) :
z×z′=rr′ei(θ+θ′),z′z=r′rei(θ−θ′).
Autrement dit :
pour un produit : les modules se multiplient, les arguments s’additionnent ;
pour un quotient : les modules se divisent, les arguments se soustraient.
Un produit immédiat
Soit z=2ei6π et z′=3ei3π. Alors :
z×z′=(2×3)ei(6π+3π)=6ei2π.
Comme ei2π=cos2π+isin2π=i, on a z×z′=6i.
Quelle forme choisir ?
Pour additionner ou soustraire : la forme algébriquea+ib (on ajoute les parties réelles entre elles, les imaginaires entre elles).
Pour multiplier, diviser ou élever à une puissance : la forme exponentiellereiθ (modules et arguments).
Choisir la bonne forme avant de te lancer, c’est moitié du travail de gagné.
6. Application aux signaux et aux impédances
Signal et impédance en complexe
Signal sinusoïdal. Un signal s(t)=Scos(ωt+φ) est représenté par le complexe s=Seiφ. Son moduleS est l’amplitude et son argumentφ est la phase à l’origine. Pour additionner deux signaux de même fréquence, on additionne leurs complexes.
Impédance. Pour un dipôle en courant alternatif, l’impédance complexeZ relie la tension au courant. Son module∣Z∣ est l’impédance mesurée en ohms (Ω), et son argumentarg(Z) est le déphasage entre la tension et le courant.
Impédances usuelles (régime sinusoïdal)
Pour une pulsation ω (en rad/s) :
résistance R : ZR=R (réel, déphasage nul) ;
bobine d’inductance L : ZL=iLω (déphasage +2π) ;
condensateur de capacité C : ZC=iCω1 (déphasage −2π).
Comme en continu, des dipôles en série ont une impédance complexe égale à la somme de leurs impédances.
Impédance d'un circuit R-L série
Une résistance R=30Ω est en série avec une bobine telle que Lω=40Ω. L’impédance complexe est :
Z=R+iLω=30+40i.
Impédance (module) :∣Z∣=302+402=2500=50Ω.
Déphasage (argument) :cosθ=5030=0,6 et sinθ=5040=0,8, donc θ≈0,93 rad, soit environ 53° : la tension est en avance sur le courant (comportement inductif).
Ne confonds pas module et partie réelle
FAUX : « L’impédance d’un circuit Z=30+40i vaut 30Ω parce que 30 est la partie réelle. »
VRAI : l’impédance mesurée en ohms est le module∣Z∣=302+402=50Ω, pas la partie réelle. La partie réelle (30Ω) ne représente ici que la résistance ; la partie imaginaire (40Ω) est la réactance. Pour l’opposition totale au courant, c’est toujours le module.
Exercices corrigés
Du plus simple au plus exigeant. Cherche d'abord seul, puis déroule le corrigé détaillé.
Qu'est-ce qu'un nombre complexe sous forme algebrique ?
Un nombre complexe s'ecrit sous la forme z = a + i b, ou a et b sont deux nombres reels et i est un nombre imaginaire qui verifie i au carre egal moins un. Le nombre a est la partie reelle de z, et b est sa partie imaginaire. Par exemple, pour z = 3 + 2 i, la partie reelle vaut 3 et la partie imaginaire vaut 2.
Comment calculer le module et l'argument d'un nombre complexe ?
Le module de z = a + i b est la racine carree de a au carre plus b au carre : c'est la distance de l'origine au point qui represente z. L'argument est l'angle, mesure depuis l'axe des reels, de la demi-droite qui va de l'origine vers ce point. On le trouve a partir du cosinus, qui vaut a divise par le module, et du sinus, qui vaut b divise par le module.
A quoi servent les nombres complexes en STI2D ?
En STI2D, les nombres complexes servent surtout en electricite et en traitement du signal. Un signal sinusoidal est decrit par un complexe dont le module donne l'amplitude et l'argument donne la phase. L'impedance d'un circuit s'ecrit aussi comme un complexe : son module est l'impedance mesuree en ohms et son argument est le dephasage entre la tension et le courant.