Lancer 10 fois une pièce et compter les piles, tester 20 composants et compter les défectueux, interroger 100 personnes et compter les réponses « oui » : dans tous ces cas, on répète une même expérience à deux issues et on compte les succès. La loi binomiale modélise exactement ce type de situation.
Épreuve de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire qui ne possède que deux issues :
- le succès S, de probabilité p ;
- l’échec Sˉ, de probabilité 1−p.
Exemple. Lancer un dé et regarder si l’on obtient un 6 est une épreuve de Bernoulli de succès « obtenir 6 », avec p=61.
Schéma de Bernoulli
Un schéma de Bernoulli de paramètres n et p est la répétition de n épreuves de Bernoulli :
- identiques : la probabilité de succès p est la même à chaque épreuve ;
- indépendantes : le résultat d’une épreuve n’influence pas les autres.
Coefficient binomial
Dans un schéma de n épreuves, le coefficient binomial (kn) (lu « k parmi n ») est le nombre de chemins de l’arbre qui réalisent exactement k succès parmi les n épreuves.
Exemples.
(23)=3(24)=6
Pour (23), les 3 chemins à 2 succès parmi 3 épreuves sont SSSˉ, SSˉS et SˉSS.
Quelques valeurs et symétrie
Pour tout entier n⩾0 :
(0n)=1(nn)=1(1n)=n
Les coefficients binomiaux sont symétriques :
(kn)=(n−kn)
On peut les calculer à la machine (touche nCr) ou les lire dans le triangle de Pascal.
Loi binomiale
On répète un schéma de Bernoulli de paramètres n et p, et on note X la variable aléatoire qui compte le nombre de succès sur les n épreuves.
On dit alors que X suit la loi binomiale de paramètres n et p, ce que l’on note :
X∼B(n;p)
La variable X peut prendre toutes les valeurs entières de 0 à n.
Calculer une probabilité avec la loi binomiale
- Vérifier qu’on a bien un schéma de Bernoulli : épreuves identiques, indépendantes, à deux issues.
- Identifier les paramètres : le nombre d’épreuves n et la probabilité de succès p. Conclure que X∼B(n;p).
- Appliquer la formule P(X=k)=(kn)pk(1−p)n−k en calculant séparément le coefficient binomial et les puissances.
- Pour un événement du type « au moins un succès », passer par l’événement contraire : P(X⩾1)=1−P(X=0).
Les pièges classiques
- Ne pas confondre pk (puissance pour les succès) et (1−p)n−k (puissance pour les échecs) : l’exposant de p est k, celui de 1−p est n−k.
- Le coefficient (kn) ne s’oublie pas : sans lui, on ne compte qu’un seul chemin au lieu de tous.
- Vérifier que les épreuves sont bien indépendantes : un tirage sans remise ne donne pas une loi binomiale.
- « Au moins un » se traite par le contraire : P(X⩾1)=1−P(X=0), et non en additionnant tous les cas un à un.