Le théorème de Thalès relie les longueurs créées par deux droites parallèles qui coupent deux droites sécantes. C’est l’outil qui permet, au collège, de calculer une longueur inaccessible (la hauteur d’un arbre, la largeur d’une rivière) et, avec sa réciproque, de démontrer que deux droites sont parallèles. C’est un grand classique du brevet.
La configuration de Thalès
On part de deux droites sécantes en un point A. Deux autres droites (BC) et (MN) viennent les couper, avec :
- B et M sur la première droite issue de A,
- C et N sur la seconde droite issue de A.
On dit que M et N correspondent à B et C. La question est alors : que se passe-t-il si (MN) et (BC) sont parallèles ?
Deux configurations possibles
Le théorème s’applique dans deux situations :
- la configuration « triangle » : les points M et N sont du même côté de A (le petit triangle AMN est emboîté dans le grand triangle ABC) ;
- la configuration « papillon » : le point A est entre les deux droites parallèles. Les deux triangles sont alors disposés de part et d’autre de A, comme les deux ailes d’un papillon.
Dans les deux cas, on écrit la même égalité de rapports.
Calculer une longueur avec Thalès
- Vérifier que la configuration est bien celle de Thalès (deux sécantes, deux parallèles) et repérer le sommet commun A.
- Écrire l’égalité des trois rapports : ABAM=ACAN=BCMN.
- Garder les deux rapports utiles (celui dont on connaît les deux longueurs, et celui qui contient l’inconnue).
- Calculer la longueur cherchée par un produit en croix.
Réciproque du théorème de Thalès
Soit deux droites sécantes en A, avec M sur (AB) et N sur (AC).
Si d’une part ABAM=ACAN, et d’autre part les points A, M, B sont alignés dans le même ordre que A, N, C,
alors les droites (MN) et (BC) sont parallèles.
C’est cette réciproque que l’on utilise pour démontrer un parallélisme.
Démontrer que deux droites sont parallèles
- Calculer séparément les deux rapports ABAM et ACAN (sous forme décimale ou de fraction simplifiée).
- Comparer : on peut aussi vérifier l’égalité par un produit en croix (AM×AC et AB×AN).
- Vérifier l’ordre des points (même sens sur les deux droites).
- Conclure : si les rapports sont égaux et l’ordre respecté, alors d’après la réciproque de Thalès, (MN)∥(BC).
Les pièges classiques
- Mal apparier les longueurs : au numérateur on met toujours les segments partant de A (AM, AN), au dénominateur les segments complets (AB, AC).
- Confondre AB et MB : si l’énoncé donne AM et MB, alors AB=AM+MB (en configuration triangle).
- Utiliser la réciproque sans vérifier l’ordre des points : l’égalité des rapports ne suffit pas, l’alignement dans le même sens est indispensable.
- Pour prouver que deux droites ne sont pas parallèles, il suffit de montrer que les deux rapports sont différents (le produit en croix n’est pas vérifié).